Je n'ai pas écrit depuis un bon moment et en écrivant, là, je ne suis pas très sûre de ce que je vais dire. Car je n'ai pas tellement envie de parler de moi et de ma famille. La bonne nouvelle, celle de mon enfant qui s'installe dans un projet de vie, dans un projet professionnel, j'en ai déjà parlé ici....et ça fait presque un mois. Pour ce qui est de cette affaire, ça suit son cours, tout semble aller bien.
Et puis, il y a mon compte en banque qui est au vert depuis quelques semaines. Y a pas de mystère, c'est parce que j'ai diminué mes dépenses de loyer en novembre, quand j'ai quitté mon grand appartement inutile. Je continue d'envoyer de l'argent à mon fils, à payer son loyer car il n'a pas encore de vrai salaire : il est plus ou moins en formation pendant quelques mois. N'empêche que, financièrement, les choses se sont remises en place. Il n'y a plus péril en la demeure.
Alors, pourquoi est-ce que je suis déprimée ? pourquoi est-ce que je n'écris plus mon blog ? Pourquoi est-ce que je n'ai pas réellement avancé ma pièce de théâtre si près d'être finie ? Pourquoi est-ce que je n'ai presque pas dessiné ce week-end ?
Rien d'absolument dramatique. Des évènements divers qui touchent les gens que j'aime, mes proches, des choses qui étaient en latance depuis longtemps et qui finissent, à un moment, par arriver à une conclusion...Des trucs comme on en a tous dans la vie. Des trucs dont il n'est pas toujours facile de parler. Des affaires de famille, des conflits à propos d'une maison ancestrale que nos cousins veulent vendre dans des conditions insupportables pour ma mère qui a plus de quatre-vingts ans....Tout le monde vit ça, à un moment de sa vie, non ? Et puis d'autres trucs, plus près de moi, mon doudou, mon compagnon et ses problèmes d'alcool et les conséquences que ça peut avoir : une cuite, quand c'est ailleurs qu'à la maison qu'on la prend....ça a des conséquences des fois....Y a pas eu de morts...tout va bien....Tout va presque bien. On fait semblant que tout va bien. il fait semblant et ne me dit rien. Il cherche un nouveau travail.
Alors, pour ne pas parler des choses qui font mal, des choses qui nous touchent de près, on a parlé de politique, ce week-end, quand on a parlé.
Moi, je voterai pour Hollande. Franchement, rien de ce qu'il a dit dans son discours, rien ne m'a dérangée. Autant les discours de Sarkozi, en 2007, me semblaient truffés de mauvaises nouvelles (comme le "travailler plus pour gagner plus" que j'avais tout de suite compris pour ce qu'il était en réalité), autant le discours de Hollande m'a semblé correct. En fait, je suis plutôt d'accord avec tout ce qu'il annonce.
Ma vie ne sera pas transformée par les élections (sauf, bien sûr, si Le Pen passe) : mes soucis familiaux resteront ceux qu'ils sont quelle que soit la politique de notre pays. La crise financière, la crise dont tout le monde parle et qui pourrait, selon ceux qui rêvent, être résolue par un miracle venu d'en haut, venu d'un président qui porte tous les espoirs des électeurs...Cette crise qui ne finira peut-être jamais, c'est finalement, pour moi, ce qui est le plus facile à résoudre : j'ai diminué mes frais de loyer ; je n'ai plus de voiture et ça ne me pose pas un grand problème puisque je travaille à dix kilomètres de chez moi ; je dépense 200 euros de nourriture par mois et je ramène de France, tous les six mois, les produits non périssables (produits de toilette et vêtements, en particulier) dont j'ai réellement besoin - je rappelle que ces produits sont parfois jusqu'à deux fois plus chers en Guadeloupe qu'en France. Et de cette façon-là, en prenant l'habitude de n'être plus une consommatrice, je résisterai à la crise quel que soit le président. ....à condition, bien sûr, que le prix des billets d'avion n'augmente pas trop vite. Ce qui n'est pas garanti.