Lundi 23 janvier 2012 1 23 /01 /Jan /2012 12:04

Je n'ai pas écrit depuis un bon moment et en écrivant, là, je ne suis pas très sûre de ce que je vais dire. Car je n'ai pas tellement envie de parler de moi et de ma famille. La bonne nouvelle, celle de mon enfant qui s'installe dans un projet de vie, dans un projet professionnel, j'en ai déjà parlé ici....et ça fait presque un mois. Pour ce qui est de cette affaire, ça suit son cours, tout semble aller bien.

Et puis, il y a mon compte en banque qui est au vert depuis quelques semaines. Y a pas de mystère, c'est parce que j'ai diminué mes dépenses de loyer en novembre, quand j'ai quitté mon grand appartement inutile. Je continue d'envoyer de l'argent à mon fils, à payer son loyer car il n'a pas encore de vrai salaire : il est plus ou moins en formation pendant quelques mois. N'empêche que, financièrement, les choses se sont remises en place. Il n'y a plus péril en la demeure.

Alors, pourquoi est-ce que je suis déprimée ? pourquoi est-ce que je n'écris plus mon blog ? Pourquoi est-ce que je n'ai pas réellement avancé ma pièce de théâtre si près d'être finie ? Pourquoi est-ce que je n'ai presque pas dessiné ce week-end ?

Rien d'absolument dramatique. Des évènements divers qui touchent les gens que j'aime, mes proches, des choses qui étaient en latance depuis longtemps et qui finissent, à un moment, par arriver à une conclusion...Des trucs comme on en a tous dans la vie. Des trucs dont il n'est pas toujours facile de parler. Des affaires de famille, des conflits à propos d'une maison ancestrale que nos cousins veulent vendre dans des conditions insupportables pour ma mère qui a plus de quatre-vingts ans....Tout le monde vit ça, à un moment de sa vie, non ? Et puis d'autres trucs, plus près de moi, mon doudou, mon compagnon et ses problèmes d'alcool et les conséquences que ça peut avoir : une cuite, quand c'est ailleurs qu'à la maison qu'on la prend....ça a des conséquences des fois....Y a pas eu de morts...tout va bien....Tout va presque bien. On fait semblant que tout va bien. il fait semblant et ne me dit rien. Il cherche un nouveau travail.

Alors, pour ne pas parler des choses qui font mal, des choses qui nous touchent de près, on a parlé de politique, ce week-end, quand on a parlé.

Moi, je voterai pour Hollande. Franchement, rien de ce qu'il a dit dans son discours, rien ne m'a dérangée. Autant les discours de Sarkozi, en 2007, me semblaient truffés de mauvaises nouvelles (comme le "travailler plus pour gagner plus" que j'avais tout de suite compris pour ce qu'il était en réalité), autant le discours de Hollande m'a semblé correct. En fait, je suis plutôt d'accord avec tout ce qu'il annonce.

Ma vie ne sera pas transformée par les élections (sauf, bien sûr, si Le Pen passe) : mes soucis familiaux resteront ceux qu'ils sont quelle que soit la politique de notre pays. La crise financière, la crise dont tout le monde parle et qui pourrait, selon ceux qui rêvent, être résolue par un miracle venu d'en haut, venu d'un président qui porte tous les espoirs des électeurs...Cette crise qui ne finira peut-être jamais, c'est finalement, pour moi, ce qui est le plus facile à résoudre : j'ai diminué mes frais de loyer ; je n'ai plus de voiture et ça ne me pose pas un grand problème puisque je travaille à dix kilomètres de chez moi ; je dépense 200 euros de nourriture par mois et je ramène de France, tous les six mois, les produits non périssables (produits de toilette et vêtements, en particulier) dont j'ai réellement besoin - je rappelle que ces produits sont parfois jusqu'à deux fois plus chers en Guadeloupe qu'en France. Et de cette façon-là, en prenant l'habitude de n'être plus une consommatrice, je résisterai à la crise quel que soit le président. ....à condition, bien sûr, que le prix des billets d'avion n'augmente pas trop vite. Ce qui n'est pas garanti. 

 

Par elizabeth971
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Lundi 2 janvier 2012 1 02 /01 /Jan /2012 12:23
  • Quelle bonne surprise en ce début d'année, de découvrir un nouveau lecteur qui s'intéresse à mes articles, un guadeloupéen éloigné de son île qui retrouve quelque chose de positif de son "chez lui", dans mes écrits...

    Et félicitations, Toby, d'avoir réussi un concours de fonctionnaire d'Etat. C'est de plus en plus difficile.

     

    Mon blog est peu populaire, discret, presque introuvable mais il vaut mieux avoir quelques lecteurs qui s'intéressent à ce que vous écrivez, qui vous lisent pour de bonnes raisons, que des dizaines qui vous liraient pour de mauvaises raisons. Merci, merci, Toby, nouvel arrivé sur mon blog et merci Dexter et Mary, fidèles lecteurs. Je vous souhaite une très bonne année 2012 !

     


Par elizabeth971
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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 13:15

En cette veille de noël (ou avant-veille), je vais parler d’un sujet qui concerne plus ou moins tout le monde sauf les grands actionnaires, grands dirigeants, grands héritiers et grands footballeurs (j’en passe sûrement) : il s’agit du chômage.

En quoi suis-je touchée par le chômage, moi qui suis une privilégiée salariée fonctionnaire qui touche 3000 euros par mois ? Eh bien j’ai des enfants. La situation professionnelle du plus grand  -il a un travail - est bien difficile, peu réjouissante et j’espère que les choses vont prendre une tournure plus positive en 2012…. Le plus petit, lui, comme vous le savez, chers lecteurs de mon blog, est chef de famille au chômage et mon prestigieux salaire une fois qu’il est partagé en deux (une moitié pour mon  plus jeune fils, une moitié pour moi), ressemble à ce que touche un  smicard qui aurait pas mal d’allocations et pas beaucoup d’impôts sur le revenu. 

Ainsi donc mon plus jeune fils est au chômage et sa compagne aussi.

Ainsi que vous le savez, chers lecteurs, et en particulier Dexter, mon plus fidèle lecteur, j’ai proposé à mon fils de revenir dans la région de ma famille pour essayer d’y trouver du travail.

 

En septembre, nous avons effectué le déménagement depuis Perpignan. Il a trouvé en Gironde un logement que j’ai dû louer à mon nom - donc sans possibilité d’allocations de logement – parce que les agences ne louent pas aux chômeurs. C’est comme ça : on ne loue pas aux chômeurs dans notre pays de droits. Et puis, une fois les affaires administratives réglées, mon fils s’est inscrit à Pôle emploi et à l’agence interim locale.

 

J’oublie de dire qu’en même temps qu’il faisait son déménagement, il faisait les vendanges. C’est peut-être important pour la suite de mon histoire. Car l’épisode « vendanges », il ne l’a pas négligé. Ils ont fait les vendanges ensemble, lui et sa jeune femme pendant que je gardais le bébé – ensuite, quand j’ai dû repartir, c’était ma vieille mère qui gardait le bébé. Ils ont travaillé le plus sérieusement possible. Mon fils a dû s’absenter des vendanges un ou deux jours pour régler ses problèmes de déménagement, en dehors de ça, il a été aussi sérieux que possible et le chef de culture s’en est rendu compte.

 

Après les vendanges et une fois les affaires administratives à peu près réglées, mon fils s’est vu proposer plusieurs jobs par Pôle emploi et l’agence interim. Il a choisi le job d’ouvrier agricole. Un travail de chien. Planter des piquets, en déplanter d’autres, porter de lourdes charges. Pas de pauses en dehors des pauses réglementaires. Le contrat était de deux semaines. Ils l’ont gardé une troisième semaine parce qu’il donnait satisfaction. Payé 600 euros pour l’ensemble de la prestation. Il aurait reçu la même chose en restant chez lui et en recevant les allocations de chômage. Mais il était fier de l’avoir fait. Résultat : le voici embauché par un des plus prestigieux châteaux de vin de la région qui cherchait un jeune homme courageux pour rajeunir son équipe. Je pense que les patrons de « châteaux » parlent entre eux, que mon petit a été remarqué et que c’est ainsi qu’en moins de deux mois, il a trouvé une place avec possibilité de promotion dans un des seuls secteurs de France fiables par ces temps de crise.

 

Mon cadeau de Noël, je l’ai : mon petit garçon a été courageux, a su ce qu’il voulait (il aime tailler la vigne) et l’a obtenu.

 

Et sur le plan financier, je pense que nous allons être soulagés.

 

Vais-je alors acheter une voiture si j’arrive enfin à m’en sortir ?

Pour l’instant, je n’en vois pas l’utilité. Les habitudes de luxe se prennent facilement et il est difficile de revenir en arrière quand on y a goûté. Les habitudes de simplicité, si elles restent à un stade de simplicité et qu’on  est conscient de ce que l’on fait, se suffisent à elles –mêmes. Pourquoi reprendre une habitude de luxe quand je suis bien comme ça, sans ce luxe ? Ce serait comme recommencer à fumer après deux ans alors qu’on a constaté, pendant les deux années d’abstinence, qu’on se portait mieux qu’avant.

 

Par elizabeth971 - Publié dans : actualité
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Mardi 6 décembre 2011 2 06 /12 /Déc /2011 12:36

 

 

Mon anniversaire tombe un 25 novembre. C’est une date que je trouve jolie à prononcer, douce avec une petite allitération du v qui s’allie bien au n et aux  voyelles nasales « in » « em ». J’ai toujours aimé ma date d’anniversaire pour sa prononciation. Beaucoup moins pour son climat. Il faisait froid, le jour de mon anniversaire, quand j’étais petite. Je n’ai plus froid, maintenant, à mon anniversaire puisque je vis en Guadeloupe depuis longtemps.

 Ma mère m’a demandé ce que je souhaitais comme cadeau. Ça fait longtemps que les cadeaux envoyés par la poste ne m’intéressent plus. Ils ont été gâchés une fois, avant d’arriver jusqu’à moi, ouverts par des voleurs, pillés….et puis les cadeaux qu’on achète dans un magasin m’intéressent de moins en moins. Si j’ai besoin d’un vêtement (qu’est-ce qu’on pourrait m’offrir d’autre ?), je l’achète, après l’avoir essayé, lors d’un de mes voyages en France.

J’ai demandé un arbre, un pommier. Maman avait eu cette idée il y a une dizaine d’années, de m’offrir un pommier pour mon anniversaire et il est maintenant superbe et tout à fait productif. Je peux manger quelques pommes à moi quand je viens en France à la bonne saison. Des pommes de mon pommier d’anniversaire. Quel meilleur cadeau puis-je recevoir qu’un pommier ? J’ai donc commandé un pommier et j’en commanderai d’autres jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de place dans le jardin de ma mère pour de nouveaux pommiers. J’en commanderai à chaque anniversaire. Je varierai peut-être avec des framboisiers ? À condition qu’on puisse les planter en novembre comme les pommiers….
Il y a un proverbe lié à ma date d’anniversaire : « à la Sainte-Catherine, tout bois prend racine ». C’est que, le 25 novembre, c’est la Sainte-Catherine et, quand j’étais petite, le jour de mon anniversaire, on plantait des arbres mais aussi, on parlait des Catherinettes, les jeunes filles de vingt-cinq ans qui n’étaient toujours pas mariées et qui défilaient avec des chapeaux extraordinaires….On les voyait à la télé tous les ans jusqu’à….Jusqu’à il n’y a pas très longtemps…..Jusqu’à ce que, peut-être, la date de mon anniversaire cesse d’être accompagnée d’arbres qui prennent racine et de jeunes filles avec de jolis chapeaux, jusqu’à ce que la date de mon anniversaire devienne la journée des femmes battues….Merde. Mon anniversaire est désormais associé aux violences, à la laideur, à tout ce qui est contraire à l’amour…Les bois ne prennent plus racine à la Sainte Catherine, les jolies filles ne défilent plus avec leurs beaux chapeaux, à la Sainte Catherine….elles se font battre, mutiler, par des hommes, qui n'arrivent plus à aimer.
Par elizabeth971
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Vendredi 18 novembre 2011 5 18 /11 /Nov /2011 12:45

Ce matin, j’étais à pied. Personne ne m’a prise en stop en cours de route, ce qui est de plus en plus rare car ils sont de plus en plus nombreux à s’arrêter pour m’emmener…On ne me prend pas en stop, en fait, puisque je ne tends pas le pouce. On s’arrête pour m’emmener. Je fais des rencontres. Ce sont souvent des gens que je connais plus ou moins qui s’arrêtent pour m’emmener. Des collègues, bien sûr, mes aussi de vagues connaissances. Ça dépend aussi du sens dans lequel je marche. Quand je marche vers la maison, beaucoup de gens me connaissent ou connaissent la famille de mon doudou et s’arrêtent pour moi. Je ne prends le bus que rarement maintenant et je ne marche qu’une partie du chemin.

Ce matin, j’étais à pied, donc, sur les trois derniers kilomètres avant mon travail. Je suis passée devant la maison de Pierrot. Autour d’un panneau blanc sur lequel il y a écrit, « Paix à ton âme, Pierrot », il y a des fleurs tressées sur la grille et, en bas, des bouquets de fleurs et des bougies éteintes par la pluie. Car il a plu cette nuit. La grille est fermée. Les chiens ne seront plus là à attendre leur maître. C’est joli de voir les fleurs sur la grille, mais c’était plus joli de voir les chiens remuer la queue et se réjouir de voir, au loin, leur maître arriver.

On ne sait toujours pas pourquoi Pierrot s’est donné la mort. Selon moi, mais ça reste une hypothèse à moi, c’est sa propre philosophie de la vie qui l’a conduit à terminer de cette façon. Sa philosophie de la vie, c’est ce qui compte le plus, pour moi, dans son histoire. Imaginez quelqu’un qui a refusé la société telle qu’elle existe autour de nous, telle que nous la vivons tous les jours, vous et moi…Et nous pestons contre elle, nous la vomissons, nous écrivons des commentaires sur internet dans nos blogs, dans les forums pour dire que nous la détestons, cette société. Mais nous n’agissons pas. Lui, il a agi. Et il a commencé à agir il y a longtemps. Il est lui-même l’expérience de ce dont nous parlons si souvent : le retour à une société plus saine, plus proche de la nature, sans technologie. Sans voiture. Il a été l’expérimentateur suprême, le décroissant, le consommateur zéro. Quand il était à pied sur le bord de la route, paraît-il, on s’arrêtait souvent pour l’emmener en voiture là où il souhaitait aller mais il refusait toujours. Il refusait de monter dans les voitures. Etait-il « en retard » sur le reste de la société, inadapté à la modernité ? ou était-il en avance sur nous tous ?

J’ai déjà parlé ici d’un livre remarquable écrit au début du XXème siècle, la Vie des abeilles, Par Maeterlink. C’est un livre de biologie. Un excellent livre de biologie. Certainement dépassé sur certains points en tant que livre de biologie. Je ne peux pas le dire n’étant pas biologiste. Mais pour les non biologistes comme moi, ça reste tout à fait intéressant comme livre de biologie. C’est aussi un livre de philosophie. Et sur ce plan-là, je ne crois pas qu’il soit dépassé. L’un de mes passages préférés (il y en a beaucoup) concerne l’abeille solitaire dont j’ai oublié le nom. Il s’agit d’une abeille antique dont les ancêtres existaient avant l’abeille en ruche. C’est-à-dire que cette abeille qui existe toujours (du moins à l’époque de Maeterlink) coexiste avec les abeilles qui ont évolué en société, en ruche. Disons que ce qui se passe, serait que l’abeille ancêtre, avec son comportement ancien existe en même temps que l’abeille moderne qui a eu, il y a longtemps, très longtemps, une évolution sociétale et qui continue de vivre sous cette forme sociétale que nous lui connaissons, que les grecs anciens connaissaient et nos ancêtres plus anciens encore. Et maintenant que tout change dans notre société, que l’homme est menacé par l’homme qui a évolué sous forme de ruche mondiale (ce qu’on appelle la mondialisation) que la nature est menacée par l’homme, que les abeilles en ruche sont menacées par le comportement de la ruche humaine (qui a malencontreusement laissé entrer en France un bourdon asiatique qui s’attaque à toutes les ruches françaises et menace l’Europe entière), on peut se demander qui est en avance, la ruche ou l’abeille solitaire si elle existe encore ? Car l’abeille solitaire qui peut survivre toute seule, sans la ruche, a des chances de ne pas être vue par le bourdon asiatique et de continuer son humble vie….

Il n’en reste pas moins que, selon moi, c’est la ruche administrative qui a poussé Pierrot, l’abeille solitaire, le résistant parmi les résistants, à se donner la mort. Ou plutôt, ceux qui profitent de la ruche administrative et de l'abeille solitaire en même temps. L’administration des impôts, peut-être, aurait fait pression sur Pierrot pour qu’il paye des taxes foncières et d’habitation sur des terrains qui lui appartenaient mais qu’il n’exploitait pas, qu’il avait laissés à des squatters sans scrupules, des squatters qui n’auraient jamais eu la décence d’aider au moins Pierrot à payer ses impôts….Des bourdons asiatiques ?

Par elizabeth971
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