Nos archives familiales

Publié le par elizabeth971

J'ai expliqué dans des articles précédents comment je me suis occupée des archives de maman avant sa mort. Ce n'est pas une entreprise facile pour la plupart des familles car les obstacles sont beaucoup plus nombreux que dans les générations de nos arrière-grands-parents. Autrefois, les maisons familiales restaient la propriété des enfants de la personne décédée, assez souvent. Et ce qui était dans la maison restait dans la maison et pouvait accompagner certains des enfants et des petits-enfants. Nous ne vivons pas à cette époque. Pas du tout. Quand je vais à Emmaüs, je vois quelquefois des archives de gens inconnus.On ne peut pas en faire grand chose si le nom des personnes n'est pas associé aux archives, aux albums photos...Seuls, les documents comme les livres ou les cartes postales pourront être utiles, les documents qui sont le résultat d'une publication, donc.

Si j'ai pu faire un travail sur les archives de maman, donc les sauvegarder (j'espère qu'elles sont toujours là où je les ai laissées, dans leurs boîtes qui les protègent), c'est parce que c'est mon métier et parce que certaines circonstances m'ont conduite à anticiper le moment où, à la mort de maman, des frères et sœurs efficaces dans l'opération de rangement, pourraient tout jeter ou disperser. Maman ayant perdu son autonomie, j'ai pris un congé sabbatique en 2015 et, pendant quelques mois, je suis restée dans son univers et j'ai rangé ses dessins et ses archives.

Tout le monde ne peut pas faire cette démarche :

-J'avais quelques économies qui m'ont permis de prendre un congé sabbatique, sinon, je n'aurais pas pu le faire. D'ailleurs, j'aurais aimé prolonger mais il aurait fallu financer ce congé et ça n'a pas pu se faire en raison, en partie, de mes relations avec mes frères et sœurs qui n'avaient pas compris ma démarche.

-Ma situation familiale (mes enfants sont grands) me permettait de prendre ce congé. En plus, en venant chez maman, je me rapprochais de mes enfants, ce dont j'ai beaucoup profité.

-Il faut maintenant un local pour ces documents et ce problème est loin d'être  simple à résoudre. Si je ne garde pas la maison de maman (les autres veulent la vendre), il faudra un endroit pour mettre les archives et les objets que je souhaite garder.

Je suis sur le point d'acheter un local. Ce local servira à héberger les archives de maman mais aussi d'autres archives familiales de la région. Car j'ai le projet de créer une association de sauvegarde d'archives familiales et mon local sera l'endroit où les personnes de l'association pourront venir scanner et classer leurs archives et les entreposer provisoirement. Ce projet fait partie de mes projets de retraite.

 

Voici le projet tel que je l'ai rédigé :

Association de sauvetage des archives familiales

1.Le local

 

Le point de départ de l’association peut être le local. Il permet de stocker des archives, de les scanner, de les classer.

Utiliser des tables et des étagères pour classer les archives

2.l’association

 

-Déclarer l’association dont l’objectif est de collecter et classer les archives des familles afin de les sauvegarder car elles contribuent à constituer des outils pour la connaissance de l’histoire

-informer les familles, la mairie, les associations culturelles, de l’existence de cette association : conférences, Facebook, bon coin, blogs)

3.l’atelier

 

Dans le local, on commence à créer un petit atelier. Il n’accueillera peut-être qu’une ou deux familles au début. Chacun pourra s’exercer à classer ses propres archives et à les scanner. L’équipement de base sera un petit ordinateur et un scanner ainsi que des boîtes pour préserver les archives.

Les personnes qui viendront régulièrement à l’atelier seront les adhérents de l’association.

Chaque personne aura sa boîte (prêtée par l’association tant que ça reste dans le local et chaque boîte a un numéro). Nous choisirons des boîtes en plastique. Si les documents sont transférés aux Archives départementales, ils le seront dans des boîtes en carton.

Les documents que l’on conserve pour des raisons administratives mais qui seront éliminables à terme sont conservés dans des boîtes en carton, numérotées elles aussi.

 

Les documents sont classés chronologiquement.

 

Approfondissement de l’atelier :

-L’approfondissement de l’atelier sera d’abord  la réalisation d’un répertoire numérique. Une fois les documents scannés et répertoriés, on peut envisager d’en faire un don aux Archives départementales ou communales si la personne est intéressée par cette solution. On peut aussi lui proposer de conserver ses archives si elle le souhaite et de les exposer dans le site internet.

 

-un atelier de généalogie servira à monter un peu plus haut dans l’histoire de sa famille. On peut avoir des éléments de travail de généalogie sur place et on peut utiliser internet. On peut aussi organiser des petites visites aux Archives communales et aux Archives départementales.

-un atelier de dessin et d’écriture sera proposé aux enfants. On peut aussi créer un jeu de société.

-l’écriture de l’histoire familiale qui peut être l’histoire d’une maison, d’une profession (meunier), d’une personne (biographie d’un personnage sur lequel on a beaucoup de documents comme des photos ou des lettres) peut être un aboutissement créatif du travail d’archivage. On pourra travailler les techniques d’écriture et de correction. On peut améliorer les mises en page, les intégrations de photos dans le texte. Ce document pourra être mis en ligne. On peut aussi envisager de le publier sous forme papier en un certain nombre d’exemplaires destinés à la mairie, aux bibliothèques locales, aux services d'Archives. Ces documents peuvent être la base de manifestations à la mairie (exposition annuelle des archives familiales et des publications réalisées par l’association).

Le travail d’archivage est intergénérationnel.

 

 

 

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D
Tiens tu me donnes une bonne idée. Prendre en photo les meubles de mon grand-père. Car c'est sûr que je ne pourrai pas les garder...c'est vrai qu'une photo c'est toujours mieux que rien. Concernant le site dont tu me parles, je ne suis pas allé voir mais je pense qu'il s'agit du département d'Indre et Loire (37) et non de l'Indre (36). Il y a peut-être l'équivalent pour l'Indre. Merci en tout cas pour le tuyau.
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E
oui, il s'agit de l'Indre et Loire. Le travail qui a été fait par eux n'a pas forcément été fait par un autre département.
D
Nous avons passé quelques jours avec mes frères dans la maison de mes parents. Enfin, la nôtre depuis lundi, puisque nous avons liquidé la succession ce jour là. Rapide. Pas une grosse succession. Une succession de gens simples en somme. Une maison. Quelques économies à partager. Et puis basta, on ne parle plus des parents de DEXTERFIVE....Tu sais, au début, nous voulions vendre la maison. Un agent immobilier est venu. Il était prêt à prendre la maison. Il avait déjà fait plusieurs visistes même si rien n'était encore signé. Et puis, début septembre, je me suis retrouvé chez un ami, en région parisienne, avec mon petit frère. Je parle souvent de lui, car le deuxième, il n'est pas méchant, loin de là, mais c'est comme s'il était un peu en dehors. Par exemple, il n'est pas en colère contre le médecin qui s'est "occupé" de mon père. La colère, c'est Thierry et moi qui la portons. Mais si elle ne sort pas nous ne pourrons pas avancer dans le deuil...bref...Donc lors de cette rencontre, je dis à Thierry que je trouve que la maison est devenue beaucoup plus agréable depuis la mort de notre papa, qu'elle a retrouvé une vie, une âme et que ce serait dommage de la vendre. En fait, c'est ce qu'il attendait, mais il n'abordait pas le sujet. Nous sommes donc tombés d'accord sur le fait qu'on allait arrêter la vente et garder la maison pour voir ce qu'on en ferait. C'est-à-dire, voir si elle nous permet de nous retrouver là-bas. D'y passer de bons moments. De garder nos racines. De nous permettre de la débarrasser tranquillement. Il ne restait plus qu'à convaincre mon deuxième frère, ce que j'ai fait assez facilement. Du coup, nous allons garder la maison encore au moins un an. Peut-être plus nous verrons. Et nous débarrassons petit à petit. Ce week-end, nous avons retrouvé des lettres qu'un ancien amoureux faisait à ma mère. Avant qu'elle ne connaisse mon père. Un étudiant en médecine. Nous avons récupéré toutes les lettres, il y en a pas mal, et ma femme veut les lire cet hiver. Tu verrais ces lettres, le style, c'est incroyable, le différence avec les jeunes de maintenant. Même, avec ma génération, à moi. Je sais je fais redondant, mais c'est pour insister. Il y a une écriture en langage soutenu comme diraient mes filles. Avec des références littéraires. Sinon, nous n'avons pas trouvé grand-chose à garder. Pour l'instant. Mais nous n'avons pas encore touché aux photos, à leurs cahiers d'école, etc...J'ai suivi tes conseils j'ai pris quelques photos.En fait, ce qui limite pour garder, c'est la place. Comment récupérer tous les meubles qui sont dans la maisons et qui ont été fabriqués par mon papi menuisier. Moi, je ne peux rien prendre. Mes frères non plus. Pas de place. Et nos femmes ne veulent pas de ces trucs. Enfin, tout est compliqué. Dans ces moments là, tout est complexe et il faut tenir compte de tellement de choses....Tout ça pour dire qu'une association comme ça, qui pourrait prendre quelques archives pourrait être utile pour des personnes en manque de place.
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E
le lien concernant les Archives de l'indre (que j'ai laissé le 6 novembre) est insuffisant. Le document qui explique la façon de gérer ses archives familiales s'appelle "Laisser à la postérité...Trier et conserver ses papiers personnels" archives.cg37.fr.
E
j'ai pensé de nouveau aux archives et aux meubles qui sont dans la maison de tes parents. L'association que je créerai devra avoir un site internet (j'emploierai mon fils pour me créer quelque chose). Il faudra que ce site soit en mesure de recevoir les photos des documents. Je ferai un classement virtuel de ces documents et je devrai pouvoir les stocker dans la base. Une fois le classement fait, il y aura donc les archives réelles chez la personne et les archives virtuelles (classées) sur mon site. Le classement que j'aurai alors fait pourra être utilisé par le service d'archives publiques qui recueillera les archives réelles (dans le cas où la personne souhaite que les Archives départementales conservent son fonds d'archives). ça peut être un partenariat très intéressant. Dans ton cas, il y a pour l'instant les lettres et les photos de famille. Tu pourras rajouter les photos des meubles du papi. C'est déjà un début de fonds d'archives familiales.
E
merci. Tu réponds à plein de choses. Tu abordes plein de sujets. La maison de maman, j'ai demandé à la garder car ils n'en veulent pas et veulent la vendre à un voisin (agriculteur impérialiste) qui veut y mettre ses ouvriers. Personne ne comprend que je veuille garder la maison. Si on la vend, il couperont les pommiers, les rosiers. Si on la vend, on devra très vite faire quelque chose des affaires plus volumineuses que les archives que j'ai conservées et classées. Je voudrais avoir du temps pour pouvoir mettre les choses quelque part, récupérer des plantes. Cette précipitation qu'a eue ma sœur à jeter tous les vêtements de maman (ou les envoyer dans une association de récupération de vêtements) la semaine qui a suivi la mort de maman, cette précipitation m'a effrayée. J'espère qu'elle n'a rien jeté d'autre dans son zèle. Je crois qu'il faut un peu de temps. Les meubles de ton papi menuisier, tu leur trouveras une destination. Je crois qu'ils sont précieux. Pour ce qui est des archives, il y a un magnifique travail qui a été fait par les archives de l'Indre pour expliquer aux familles ce qu'il faut faire de leurs documents. <br /> http://archives.cg37.fr/UploadFile/GED/X/1433831827.