Le "carnet de route" de mon grand-père. Comment je l'ai reçu.

Publié le par elizabeth971

Il y a un peu plus d'un an, l'épisode douloureux de la maladie d'Alzheimer de maman s'est terminé. Mon frère et ma sœur ainée ont organisé l'enterrement qui a rassemblé des membres de la famille élargie et des amis (certains ne s'étaient pas vus depuis bien longtemps mais ça n'avait pas toujours empêché de développer bien des ressentiments). Depuis longtemps, je redoutais cette étape.

C'était pour moi un moment par lequel il était nécessaire de passer même si j'avais, un temps, parlé de ne pas venir pour l'enterrement de maman sous prétexte de l'océan Atlantique à traverser pour m'y rendre. Mes enfants à qui j'avais dit quelques mois auparavant "je ne viendrai pas" m'ont dit, au moment crucial, qu'ils m'attendaient.

C'était une très belle cérémonie, un moment où nous n'étions pas là pour nous reprocher nos actes malveillants et égoïstes, un moment où on évoquait certains aspects de la vie de maman et certains souvenirs d'enfance.

On m'attendait, donc. On m'a demandé de faire le discours initial et je l'ai préparé, utilisant tout ce que j'avais rassemblé comme documents pendant les deux ans où j'avais rangé les archives de maman. J'ai écrit mon discours et je l'ai déclamé à l'église. C'était très bien m'a-t-on dit. Après l'enterrement, une réception était prévue dans la salle des fêtes de la mairie avec des boissons et des plats préparés par les proches de maman (et surtout par ma belle-fille). Moi, je me suis installée dans la salle qui se trouvait à l'arrière, derrière une porte et j'ai installé mes boîtes d'archives qui contenaient la vie de maman en textes et en images et j'ai commenté ma petite animation. Plusieurs personnes de la famille élargie sont venues me voir.

Ce que j'ai fait, en créant ce petit stand d'archives et dessins de maman, c'était exposer ce qu'avait été maman mais aussi ce que j'étais, moi. Ce que j'étais devenue en raison de mon intérêt pour les activités de maman et en raison du métier qui est le mien : archiviste. Certains de mes cousins savaient déjà que j'avais ce rôle, que je me l'étais attribué ou qu'il s'était naturellement imposé à moi. Ma cousine Caroline (cousine du côté de mon père) faisait partie de ceux qui connaissaient déjà ce rôle que j'avais. Elle était venue à l'enterrement avec un objet très petit qui tient dans la main. Elle avait prévu de me rencontrer et de me donner cet objet précieux. C'était un carnet, écrit au crayon par mon grand-père paternel en 1916. Son témoignage de la bataille de la Somme. 

 

 

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