peintre du dimanche

Publié le par elizabeth971

Dimanche 21 décembre

 

Je suis sortie vendredi soir. Ça n'a rien à voir avec le fait que la route venait d'être ouverte mais ce fait nouveau a quand même simplifié les choses.

 

Ma sortie était imprévue. J'ai su jeudi soir que mon élève du vendredi soir était décommandée. J'avais donc l'intention de rentrer plus tôt à la maison quand j'ai appris qu'il y avait à Basse-Terre une exposition d'un peintre important, sans doute le plus important de la Guadeloupe actuellement (quoique Hélène F. qui a montré l'année dernière à la mairie de Basse-Terre l'ensemble de ses oeuvre - Hélène qui n'a pas, me semble-t-il, « fait » d'école d'art - m'a énormément impressionnée l'année dernière. Sa production est un peu inégale, sans doute parce qu’elle expose tout sans faire de tri, mais elle a créé plusieurs tableaux  qui sont vraiment bien dessinés et formidablement bien composés. Je pense qu'elle a réussi à laisser parler son artiste intérieur et pour cette raison, elle fait maintenant partie des artistes qui sont pour moi des modèles).

 

Revenons-en à l'exposition que j'ai vue vendredi soir. Elle présentait deux séries de l'oeuvre de Michel Rovelas, une série qui s'appelait « katchmen » et une autre « conciliabules ».

 

En lisant le mot « katchmen », j'ai cru qu'il s'agissait, avec une petite faute d'orthographe qui aurait peut-être été voulue,  du mot anglais « catchmen », donc, d'hommes qui s'affrontent au catch. J'avais beaucoup de mal, alors, à comprendre les tableaux dans lesquels je voyais, il est vrai , deux hommes apparaître dans des encadrures de portes en second plan, et qui auraient pu être, selon moi, les fameux catchmen ; mais je ne comprenais pas alors la présence d'un christ en premier plan, dans presque tous les tableaux, ni celle d'un objet mystérieux qui pouvait faire penser à un instrument de torture. C'est l'auteur des peintures qui m'a donné, dans son discours de présentation de l'exposition, la réponse à mes interrogations. Il ne fallait pas lire « katchmen » comme « catchmen » mais comme « quat'chemins » (écrit en orthographe créole).

 

Alors, les tableaux prenaient pour moi un sens différent : ils représentent en fait les croix que l'on trouve à la croisée des chemins. Quant aux objets mystérieux, placés pour la plupart au-dessus du christ, ils peuvent être les « sorts » que l'on trouve dans certains carrefours (ainsi que l'expliquait l'artiste). Je manque toujours d'à propos en culture créole.

 

L'autre série, « conciliabules » ne m'a pas posé les mêmes problèmes de traduction car le mot lui-même est, selon moi, écrit en français.

 

Les deux séries de tableaux sont différentes : celle des « katchmen » a des couleurs vives, l'autre est à dominante noire. Je me suis surtout intéressée à la série « katchmen ». Les personnages sont bien dessinés, les couleurs sont puissantes ce qui permet, selon moi, de prouver que Michel Rovelas est vraiment un peintre professionnel (il faudrait que je dise un plasticien mais je n'aime pas beaucoup ce terme et quand un peintre me semble être un peintre de qualité, j'aime mieux l'appeler « peintre »). C'est une belle exposition. Et c'était, dans l'ensemble, pour moi une bonne soirée qui m 'a peut-être un peu boostée pour ce qui est de mes activités de peinture du week-end (pour moi qui suis une « peintre du dimanche » - faudrait-il dire une « plasticienne du dimanche » ?). J'ai repris mon tableau des trois cocotiers que j'avais négligé la semaine dernière. Il se retrouve maintenant plus bleu qu'avant. Après le bleu, j'ai mis du jaune dans certains feuillages pour leur donner de la lumière et je crois que je vais m'arrêter pour aujourd'hui. Je ne sais pas quand je  reprendrai mon tableau car il est question que je me déplace en Martinique la semaine prochaine.

 

Et la route ouverte ? Eh bien, je l'ai utilisée vendredi soir. On nous l'a ouverte, sans doute, parce que c'est noël mais on ne peut pas dire que les travaux sont achevés. Elle n'est pas recouverte de bitume et elle n'est pas complètement plate. Mais ça va quand même. C'est bien mieux que de faire tout le tour comme on l'a fait tous les matins et tous les soirs depuis le seize octobre, pour aller au travail. Et puis les restaurants vont pouvoir reprendre leurs activités après plus de deux mois de chiffre d'affaire nul.

À propos de restaurants, nous n'y sommes pas allés, hier soir, car nous étions invités à une « Renonce ». Je ne sais pas vraiment ce que c'est parce que je me suis arrêtée à la confirmation et que la renonce se fait après la confirmation. On doit dire renonciation j'imagine...Renonce doit être un diminutif ...

 

C'était donc un week-end très social pour moi puisque je suis allée, vendredi soir, à une exposition (suivie d'un petit repas chez un collègue) et samedi soir, à une « renonce » chez des gens très gentils. Nous avons bien mangé hier soir mais nous n'avons pas beaucoup bougé de nos chaises et nous sommes restés très tard. Presque tout le monde s'endormait, y compris moi. On est tous restés, assis sur nos chaises et endormis, jusque vers deux heures et demie du matin, jusqu'à ce que quelqu'un réagisse et donne le signal du départ.

 

Nouvelles du temps : il pleut un peu et il vente beaucoup. Il a fait très beau toute la semaine dernière, beau, mais froid la nuit (17 degrés à Saint-Claude, 16 degrés au Palmiste, dans les hauteurs de Gourbeyre), mais il semble que cette période de temps très sec se termine. Il s'est remis à pleuvoir (un peu) hier soir et ce soir. En principe, ce retour à la pluie devrait s'accompagner d'un retour à des températures plus « normales » la nuit.  Seize degrés, c'est froid pour nous, en Guadeloupe...Et pourtant, ce n'est pas la température la plus basse qui puisse exister ici. Une des dames qui était avec nous à la « Renonce », hier soir, nous a dit qu'une fois, au Palmiste, où elle habite, la température est descendue à onze degrés. Depuis la semaine dernière, nous mettons nos tricots et nos chaussettes le soir et nous rajoutons un drap pour dormir.

 

Publié dans spiritualité

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