on ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même.

Publié le par elizabeth971

La souffrance et la création, selon Proust.

Une magistrale démonstration de Alain de Botton dans Comment Proust peut changer votre vie.
Voici donc, ci-dessous, un extrait du livre d'Alain de Botton (et à l'intérieur de cet extrait, des extraits de textes de Proust que j'ai mis en italique) :


« Il n'y a pas d'homme si sage qu'il soit [...], qui n'ait à telle époque de sa jeunesse prononcé des paroles ou même mené une vie, dont le souvenir lui soit désagréable et qu'il souhaiterait être aboli. Mais il ne doit pas absolument le regretter, parce qu’il ne peut-être assuré d'être devenu un sage, dans la mesure où cela est possible, que s'il a passé par toutes les incarnations ridicules ou odieuses qui doivent précéder cette incarnation-là. Je sais qu'il y a des jeunes gens, fils et petits-fils d'hommes distingués, à qui leurs précepteurs ont enseigné la noblesse de l'esprit et l'élégance morale dès le collège. Ils n'ont peut-être rien à retrancher de leur vie, ils pourraient publier et signer tout ce qu'ils ont dit, mais ce sont de pauvres esprits, descendants sans forces de doctrinaires, et de qui la sagesse est négative et stérile. On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner. »

Pourquoi ne le peut-on pas ? Pourquoi ce voyage douloureux est-il si indispensable à l'acquisition de la véritable sagesse ? 

[...] On peut trouver suffisant qu'il soit établi une relation entre le degré de souffrance vécue par un individu et la profondeur des réflexions qui en découlent. C'est comme si l'esprit était un organe craintif qui refuse d'accepter des vérités difficiles s'il n'y est encouragé par des évènements difficiles.
« Le bonheur seul est salutaire pour le corps, nous dit Proust, mais c'est le chagrin qui développe les forces de l'esprit. »

Ces chagrins nous imposent une forme de gymnastique mentale que nous aurions évitée en des circonstances plus heureuses.
En fait, si le développement de nos capacités mentales est une authentique priorité, il s'ensuit qu'il vaudrait mieux pour nous être malheureux que satisfaits, que nous devrions nous lancer dans des liaisons amoureuses tourmentées plutôt que lire Platon ou Spinoza.
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D
<br /> <br /> Dans ce cas je crois que je suis en route vers une grande sagesse....<br /> Je suis tout à fait d'accord avec cette analyse....les mauvaises choses ont du bon,dit la "sagesse" populaire. Je suis certain que les malheurs,les erreurs comme celle que j'ai commise bêtement<br /> ce lundi,sont profitables. J'ai appris quelque chose...<br /> J'ai fait une chose qui n'est pas "moi",dans le domaine professionnel et cela s'est retourné contre moi. J'ai agit comme cela car je n'avais pas d'échappatoire possible laissé par ma DR.Et<br /> j'espère ne pas m'être engagé dans un engrenage malsain...J'en retire deux choses:<br /> -la première,c'est qu'il faut que je fasse confiance à mon intuition qui est souvent la bonne.<br /> -la seconde c'est que j'ai eu la "chance" de voir le vrai visage d'un médecin qui d'habitude porte son masque de gentil et de mielleux. Là il a fait tomber ce masque et je l'ai vu sous son vrai<br /> jour de sale con!!!<br /> Je vais donc avoir appris quelque chose...mais c'est un sale moment à passer car je ne m'aime pas comme cela et que je ne sais pas comment cela va tourner.<br /> Mais je dois faire confiance à proust qui est beaucoup plus intelligent que moi.<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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