La fin d'un monde selon Larrieu

Publié le par elizabeth971

J’ai vu un film formidable à la télé sur canal plus. Un film français.

Ça s’appelle « les derniers jours du monde ». J’ai trouvé ça formidable parce qu’il y a au moins trois interprétations possibles de l’histoire et qu’elles sont toutes plausibles ; et parce que c’est extrêmement bien joué ; et aussi parce que, sur le plan psychologique, il n’y a rien à redire : ça fonctionne ; et parce que c’est un film extrêmement visuel avec des images de paysages, de groupes humains qui sont toutes magnifiques ; et enfin, parce que c’est un film qui, globalement, saisit l’ensemble de la tragédie humaine, de sa beauté, de sa dualité, de sa perfection et de sa folie.

 

Bref, un film « cerveau droit », un film artistique total.

 

Le sujet est banal et universel à la fois.

 Le film parle d’amour, de vie, de mort… et d’art.

Il exprime le grandiose et, en même temps, la banalité quotidienne.

 

Et le héros marche, fuit, tout en recherchant quelque chose, quelqu’un.

Et il rencontre sans arrêt des personnes de sa vie, des personnes qu’il connaît et qui se trouvent à des endroits où il s’est retrouvé par hasard.

Par hasard ou alors parce qu’il n’y avait aucun autre endroit où aller que l’endroit où il est allé, où il s’est retrouvé.

 Parce que toutes les routes sont fermées sauf celles qu’il prend. Et que tout le monde prend ces mêmes routes, fuyant la mort, fuyant les lieux pleins de gens morts.

 

La première interprétation du film me fait dire qu’il s’agit de l’histoire d’un homme qui fuit le lieu où il vit parce qu’il y a une guerre bactériologique.

 On se rend compte, au bout d'un moment, qu’il s’agit d’une guerre totale car en plus du fait que les eaux sont empoisonnées et tuent bêtes et gens et les font fuir, il y a des missiles qui détruisent des villes proches ou lointaines, des bombes atomiques qui font tout disparaître dans un lueur éblouissante….

 

La mort est là, partout. Pourtant, la vie continue, la fête bat son plein à Pampelune et dans le mystérieux château du Lot où se retrouve le héros à la fin du film…

 

En même temps qu’il voyage, qu’il fuit, le héros pense à la femme qu’il aime et qui a disparu de sa vie et il rencontre à chacun de ses pas, les autres femmes de sa vie.

 

 La deuxième interprétation du film me fait penser qu’il s’agit plutôt d’un rêve et que le héros est un homme qui rêve et qui rencontre, dans les différents lieux où il se rend, les femmes qui ont marqué sa vie ; et il cherche, dans tous les lieux qu’il a visités dans le passé, dans tous les lieux où il voyage dans le présent, la femme sublime, longue, mince, nue, qu’il a regardée un soir de fête et qui l’a ensorcelé avec son regard qui répondait à celui de l’homme et son sourire qui disait « je sais que je te plais »….

Est-ce que toute l’aventure amoureuse qui est alors racontée dans le film a été réelle ou n’est-elle que le produit de l’inconscient de l’homme qui l’a fantasmée et qu’il retrouve dans un rêve amoureux, un de ces rêves dans lesquels on cherche éternellement une personne qui a ému notre cœur ? Je préfère cette interprétation à la première, moi qui rêve si souvent d’amoureux que je cherche, qui m’échappent….

 

La troisième interprétation du film m’emmène aux frontières de la mort, de la mort du héros et de ma propre mort. « Les derniers jours du monde » sont peut-être en réalité les derniers jours de mon monde, de ma vie….

 Et les images que voit le héros qui voyage sans cesse sont peut-être celles des choses les plus belles qu’il ait regardées pendant le voyage de sa vie : Une boîte de nuit nommée « je t’aime » à Taiwan, des étendues de neige au Canada, des gens en rouge et blanc qui courent devant des taureaux à Pampelune, un hôtel isolé dans la montagne, un opéra à Toulouse, un restaurant sur le Lot, un château dans lequel se déroulent des scènes érotiques….

Et toutes ces images superbes sont, à chaque fois, interrompues par la mort, violente et familière à la fois. La mort qui attend le héros.

Publié dans spiritualité

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D
<br /> <br /> P'ting!!!!!!! J'ai fait une mauvaise manip et j'ai effacé un très long commentaire que j'avais commencé à te laisser qui t'expliquait de A à Z ce qui m'est arrivé en vélo et ce que j'ai<br /> maintenant et pourquoi je n'écris plus pour l'instant. Mais tout cela s'est perdu dans les méandres d'Overblog et c'est dommage car pour une fois je me trouvais assez brillant. Et là je commence<br /> à avoir sérieusement mal au bras. Car j'ai mal au bras et j'espère que le médecin ne s'est pas planté car mon coude n'a pas été platré et là je trouve que ma récupération des mouvement de l'avant<br /> brs n'est pas top. La côte me fait souffrir mais au moins je suis fixé. Et puis juste je te disais que je ne suis pas un héros:je n'ai pas sauvé Fantine. Par contre à cause d'un esprit de<br /> compétition hypertrophié elle s'est mise en danger et elle m'a littéralement fait tomber. Je pense qu'elle a compris la leçon de vie elle que cela la fera réfléchir à certains comportements<br /> qu'elle a trop souvent. Sa punition est mon bras en écharpe et ma souffrance. Je m'en serai bien passsé mais si cela peut être lui utile.<br /> <br /> <br /> La bise.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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D
<br /> <br /> Pas facile de discuter des intreprétations d'une histoire sans vraiment la connaitre....Néanmoins,j'aime bien ta deuxième interprétation,celle du rêve car elle laisse la porte ouverte à une<br /> fin heureuse. Tant que ce n'est qu'un rêve alors tout est possible,même une fin heureuse.....alors oui cette interprétaion me parle. Mais d'un autre côté mon côté réaliste et donc probablement<br /> mon cerveau droit me fait penser que la dernière interprétation est loin d'être la moins probable. En effet,la vie et la mort sont indissiociables et tout finit forcément mal. Tout finit dans un<br /> grans éclat de silence. Alors oui cette dernière interpétation me parle aussi pas mal. En tout cas il a l'air bien ce film. Moi j'ai vu le dernier film des frères Coen et c'est bof. Assez<br /> décevant. J'ai vu aussi 21 grammes. Ce film je l'avais enregistré il y a bien longtemps maintenant et je n'avais jamais pris le temps de le regarder. Là comme je suis à nouveau à moitié handicapé<br /> depuis ma chute de vélo et bien j'ai du temps à tuer alors je ratrappe. Je regarde des films et je lis. Ce film est excellent. C'est noir,noir,noir. Putain de vie qui maltraite les hommes et les<br /> femmes. Et 21 grammes,il parait que c'est le poids qui s'échappe d'un être humain lorsqu'il meurt. Son âme peut-être.....<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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