libre sans voiture

Publié le par elizabeth971

Hier, alors que je retournais chez moi à pied après mon travail, deux personnes, l’une après l’autre, m’ont posé la question : « pourquoi est-ce que tu n’achètes pas une voiture ? »

Derrière cette question il y a une forme de jugement. Quelque chose comme « Tu vois bien qu’il est nécessaire d’avoir une voiture puisque tu es là, comme un pauvre hère, avec ton sac à dos, à retourner chez toi à pied. »

Ces mêmes personnes qui utilisent leur voiture pour aller au travail (et faire d’autres choses, c’est vrai) sont par ailleurs des personnes adeptes du sport. « Faire son sport », dans le secteur où je vis, consiste à marcher ou courir sur la portion de route que j’emprunte pour revenir du travail. Des centaines de gens, tôt le matin ou le soir entre 16 heures et 19 heures - avant ou après le travail donc - se retrouvent sur cette route pour faire leur sport.

Ce qui étonne les gens, c’est le fait que j’ai décidé de faire de mon trajet de travail mon moment de sport. Certains trouvent ça incompréhensible, voire inacceptable.

Si une personne trouve le comportement d’une autre personne incompréhensible ou inacceptable (donc qui juge l’autre), il faut se mettre à la place de cette personne, celle qui juge l’autre. Elle juge l’autre parce qu’elle fait un travail de comparaison et se prend pour modèle : « moi, je vais à mon travail en voiture et ensuite je fais mon sport. C’est la norme. Tout le monde le fait, c’est donc ce qui convient. C’est bien. Refuser de faire selon la norme n’est pas bien. Ne pas aller au travail en voiture, c’est se mettre dans la situation des gens d’autrefois qui étaient trop pauvres pour payer un moyen de transport. Il ne faut pas avoir l’air pauvre. C’est antisocial.»

 

Les gens qui me posent cette question ont honte pour moi ou, tout simplement, ils me méprisent. Ils me ramassent sur la route par pitié. Moi, je leur dis : « merci. Mon bus est derrière mais grâce à vous, j’arriverai plus tôt à la maison. »

 

Hier, quand on m’a fait cette remarque, je n’attendais pas mon bus. Et là, il faut une petite explication : En juillet-août, ici, on n’a pas les horaires habituels, on fait la journée continue. On termine à 14 heures. Ça ne m’arrange pas vraiment car il fait très chaud à cette heure-là et que les bus sont plus rares qu’aux heures de pointe. J’avais, ce jour-là, choisi de marcher car le temps le permettait. Il tombait une petite pluie très fine qui me rafraîchissait au lieu de me gêner. Pourquoi ne pas marcher plutôt que d’attendre mon bus ?

Mais en agissant ainsi, en marchant sous la pluie fine sur la route déserte, je ressemblais à un pauvre hère et non à un sportif ou à une personne attendant son bus après le travail. Ça ne se fait pas.

Parler de mon bus qui serait arrivé de toute façon, c’est une façon de me justifier : « pourquoi aller au travail en voiture quand il existe des bus ? » dis-je.

On me répond : « les bus ne sont pas fiables ici. »

J’argumente : « ils sont surtout assez peu nombreux et les horaires sont un peu élastiques, mais à un quart d’heure près, ce n’est pas grave. »

 

En fait, en choisissant librement mon mode de vie, je dérange et quand on dérange, on est jugé, on doit se justifier. Comme au tribunal.

Etre libre, c’est un combat. C’est ne pas avoir peur du jugement des autres.  C’est avoir  la volonté de ne jamais flancher devant les arguments contraires.

Je ne fais pas la révolution. Je ne m’habille pas avec des motifs de têtes de mort. Je ne brandis pas de banderoles.

 

J’exprime ma liberté simplement en n’allant pas au travail en voiture.

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D
<br /> Coucou,<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je prends le temps, en ce dimanche soir, de te laisser un petit message. Je m'excuse d'avance de ne pas trop commenter ton texte, mais plus de te de donner des nouvelles. J'ai suis allé en<br /> vacances 15 jours en Espagne, à cheval entre juillet et août (et ça c'était cool), enfin j'y suis allé en voiture hein, pas à cheval....Le moins cool, c'est que durant mes vacances, mon père a eu<br /> une pyélonéphrite (infection des reins) qui lui a provoqué un malaise. Heureusement mon plus jeune frère était chez eux.....Du coup, il s'est retrouvé à l'hôpital. Et là, il a fait une infection<br /> de l'intestin. On a cru qu'ils allaient l'ouvrir.....15 jours à l'hosto...Et là, il est pour 3 semaines, enfin j'espère que ce ne sera pas plus long, dans un moyen séjour. Et ma mère, me<br /> diras-tu? Et bien ma mère, nous avons réussi à la mettre dans le même établissement que mon père, mais 2 étages au-dessus. Et ce n'est pas la joie. Elle est complètement perdue.....C'est<br /> infiniment triste. Cela dit, elle n'est pas vraiment triste, elle, car elle ne réalise pas ce qui arrive. Du coup, j'ai été pas mal pris et du coup, je suis bien loin des blogues....Enfin bon,<br /> c'est la vie, non? Pour l'instant, je prends ça plutôt bien. Enfin, je crois. Mais peut-être que je refoule tout cela et que ce n'est que reculer pour mieux sauter. Je verrai bien. Concernant ton<br /> texte, je suis bien d'accord avec toi et je n'arrête pas de répéter à mes filles qu'il faut assumer ses différences, qu'il faut en être fier et que c'est bien mieux de ne pas être comme tout le<br /> monde. Moi je suis fier de ne pas être comme tout le monde. Mes différences font ma force, même dans mon métier en fait, je m'en rend compte maintenant avec plus de lucidité qu'avant. Alors, oui,<br /> j'aimerai bien qu'elles comprennent cela, mais je t'avoue que ce n'est pas gagné car le monde des jeunes de maintenant est différent de celui que j'ai connu. Il y a tellement d'interactions<br /> possibles avec internet, les I-pod, etc, etc, qu'il est devenu difficile de résister à cette force invisible qui met la main sur tous les esprits: même musique,mêmes jeux, mêmes habits, mêmes<br /> chaussures, mêmes sacs d'école. Si tu n'es pas dans la norme tu ne fais pas partie du groupe et à 11 ans ou 13 ans c'est difficile. Alors, je fais ce que je peux, je donne mon avis, je donne des<br /> conseils, je préviens des choses, mais je vois bien que j'ai du mal. Enfin bon, ce n'est pas grave, elles se feront peut-être leur idée plus plus tard. Pas trop tard, j'espère....<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> La bise.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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E
<br /> <br /> Merci beaucoup pour les nouvelles que tu me donnes. Tristes nouvelles. Vieillir est difficile et vraiment dur à accepter. Mais vieillir en souffrant comme ton père ou en perdant la mémoire et<br /> tous ses repères comme ta mère, c'est infiniment triste, comme tu le dis.<br /> <br /> <br /> Bises<br /> <br /> <br /> <br />
K
<br /> Par contre si tu t'habillais en joggeuse pour aller au travail tu serai dans la norme. comme quoi à un détail près.<br />
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E
<br /> <br /> coucou Marie...Quelle rapidité !<br /> <br /> <br /> c'est vrai qu'hier, le contexte était particulier : les vrais joggers n'étaient pas là...Mais je suis habillée en sportive, tu sais : mes vêtements de travail sont dans mon sac...bisous. <br /> <br /> <br /> <br />