Les organismes d'aide aux devoirs

Publié le par elizabeth971

Aujourd'hui, je vais parler d'un sujet qui fâche, en tout cas, qui me fâche...Un petit peu...Peut-être beaucoup. Il s'agit des organismes d'aide aux devoirs. Je reprends donc le sujet que j'avais abordé tout au début de mon blog : l'aide aux devoirs que je pratique pour aider les enfants qui sont de plus en plus nombreux à avoir des difficultés à faire leurs devoirs et à ne pas toujours trouver de l'aide dans leur famille (pourquoi ? parce que les programmes ne sont plus les mêmes que dans les années soixante dix, quatre vingt et même quatre vingt dix, parce que les parents sont très occupés, etc.).

 Que faire ? Quelques enfants et adolescents très peu influençables par le monde électronique qui les entoure, sont capables de se débrouiller tous seuls. Et les autres ? Ils coulent ! Tout le monde panique ! Les parents essaient alors de faire appel à des gens capables d'aider un peu leurs enfants.

 Mais où se trouvent ces gens ? Il y a des petites annonces dans les journaux. Il y a les petites annonces sur le net.  Ou bien on se renseigne, on demande autour de soi. Parfois, on demande tout simplement au professeur de son enfant d'accepter de lui donner des cours particuliers en dehors des cours officiels....
Et puis, il y a les organismes officiels qui mettent en relation des parents et des professeurs. J'ai commencé avec un de ces organismes. Comment ça fonctionne ?

Ce que les parents payent :
 On demande aux parents de payer des frais d'inscription et de payer un forfait de vingt cours (par exemple). Les frais d'inscription s'élèvent à 40 euros et les vingt cours à 25 euros X 20 = 500 euros. Total : 540 euros. Si les parents font partie des familles qui payent des impôts, ils pourront, s'ils remplissent la case concernée sur leur feuille d'impôts, payer 250 euros de moins au maximum sur leurs impôts. Les vingt cours leur reviendront donc à 290 euros. si les parents ne sont pas imposables, ils paieront la totalité des 540 euros sans se faire rembourser quoi que ce soit.
Que reçoit le professeur ? Pour un élève au collège, l'organisme avec lequel j'ai travaillé donne au "professeur" 13 euros par heure de cours. Pour ce qui est des frais de déplacement, tout est à la charge du "professeur". Le "professeur" a donc intérêt à trouver des élèves le plus près possible de son domicile car, quand j'allais voir un élève habitant à vingt kilomètres de chez moi (dans un endroit montagneux, ce qui est presque toujours le cas), je dépensais environ 4 euros d'essence et je passais deux fois une demie heure sur la route. Donc, pour deux heures, je gagnais 9 euros (il faudrait encore calculer d'autres frais comme l'usure des pneus et des freins mais je ne vais pas faire trop de détails).
Je gagnais donc, finalement environ 4 euros cinquante de l'heure (si je ne parvenais pas à regrouper plusieurs élèves au même endroit le même jour).

Je me suis  inscrite, il y a quelques mois, sur un site internet (pour ne pas le nommer, je l'appellerai "K") qui met en relation les parents et les professeurs d'aide aux devoirs. Là aussi, pour les parent d'élèves, il y a des frais d'inscription avant de payer les cours. En revanche, le premier cours est offert à l'élève. Là encore, il y a un système pour que les parents imposables se fassent rembourser une partie des frais par les impôts.  
Depuis que je me suis inscrite sur le site "K", je n'ai été contactée par aucun parent. Pour quelle raison ? Parce que je n'apparais pas sur le site. Pourquoi est-ce que je n'apparais pas sur le site "K" alors que je m'y suis inscrite? Parce qu'il faudrait que je paye quatorze euros par mois à l'organisme pour pouvoir "passer en première position" et donc être visible sur le site.

Conclusion : tout le monde le sait maintenant, je crois : l'aide aux devoirs, c'est du business.
Il y a des organismes qui gagnent de l'argent en utilisant la peur qu'ont les parents de voir leurs enfants échouer à l'école et plus tard dans la vie.
Il me semble même avoir vu certains organismes assurer les familles que leurs enfants seront en sécurité plus tard grâce à l'aide aux devoirs.
Oui, je pratique l'aide aux devoirs. Oui, je fais payer les familles (mais vous avez vu les tarifs que je pratique sur Vieux-Fort ?). 
J'essaie de le faire en étant un peu utile, c'est à dire en considérant que ce qui compte pour l'enfant, c'est de se sentir bien aujourd'hui à l'école. Je ne promets pas un avenir plein de sécurité aux enfants. Car, la sécurité de l'avenir des enfants ne dépend pas de moi. On entend à la télé tous les jours que dans quelques décennies il n'y aura plus de pétrole, plus de poisson dans la mer, plus de barrière de corail en Guadeloupe, plus d'été, plus d'hiver...Et puis il y a les banques américaines qui ne sont plus fiables et on ne sait pas ce que vont devenir les nôtres....

L'avenir des enfants ne dépend pas de l'argent que les parents donneront aux organismes d'aide aux devoirs.
Occupons nous de nos enfants du mieux que nous pouvons. Assurons-nous de les rendre heureux dans le présent (heureux, c'est-à dire, prêts à affronter sereinement les épreuves du quotidien et donc, à savoir leurs leçons) mais faisons un peu attention à la façon dont certains requins utilisent le mot "sécurité".   

Peut-on encore croire en l'avenir après toutes les horreurs que je viens de dire ?
Eh bien...Je crois que je suis allée un peu trop loin dans les "sujets qui fâchent" (argent, mensonge, peur de l'avenir). Je vais donc revenir sur ceux qui me ramènent à un peu plus de paix : la spiritualité. Aujourd'hui, j'ai commencé mon quatrième jour de privation de lecture. Hier soir, avant de me coucher, j'ai allumé mon ordinateur et regardé avec ravissement les tableaux de Vuillard, Monet, Moran et Hopper.
A huit heures et demie (du soir) j'étais au lit. J'ai très bien dormi.
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Publié dans éducation

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