une histoire de souris
Vous l’avez remarqué, je suis une amie de la nature et de certains animaux. Il y a des animaux que je n’aime pas beaucoup, ceux qu’on appelle les nuisibles, en particulier.
Un soir, alors que je travaillais ma pièce de théâtre, j’ai vu entrer, attirée par la lumière, une souris. Elle avait réussi, à force de contorsions, à se faufiler sous les volets qui joignent mal.
Depuis, je lui fais la chasse.
Une fois que je l’ai bien localisée sous la table de travail, dans la cuisine, j’ai utilisé l’arme qui m’est tombée sous la main : de l’insecticide.
Ensuite, je me suis souvenue que j’avais lu quelque part que le poivre est assez efficace contre les souris (je suppose qu’elles éternuent…).
J’ai donc saupoudré de poivre l’endroit où la souris devait se trouver. Ensuite, j’ai fermé les portes de la cuisine.
Après réflexion, je me suis dit qu’il fallait que la souris puisse s’échapper dehors (c'est quand même ça, le véritable objectif : la faire sortir de chez moi).
En effet, quand on est dans une pièce pleine d’insecticide et de poivre, tout ce qu’on veut, nous, les humains, c’est en sortir.
Les souris doivent avoir le même réflexe.
J’ai donc ouvert la porte extérieure de la cuisine. Je me suis rendue compte quelques minutes plus tard que j’avais laissé la porte extérieure du salon ouverte.
La souris pouvait donc rentrer dans le salon.
Apparemment, c’est ce qu’elle a fait car, le lendemain, la souris était bel et bien en train de courir dans le salon. Je l’ai localisée, à un moment, sous mon étagère de livres préférés.
J’ai saupoudré cet endroit de poivre, puis, j’ai fait un chemin de poivre, dans le salon, chemin qu’elle ne pourrait pas dépasser et qui me permettrait, normalement de l’enfermer dans un secteur du salon qui la ramènerait vers la cuisine.
Elle pouvait aussi (à condition de traverser la barrière de poivre – hypothèse plus aléatoire que l’autre) s’orienter vers les toilettes et s’échapper par les persiennes des toilettes en grimpant au mur….
Je précise que j’avais racheté du poivre.
D’ailleurs, je vais en racheter aujourd’hui.
Le lendemain, j’ai constaté qu’il y avait, à plusieurs endroits de la barrière de poivre, de minuscules traces de dérapage.
La souris était bien là.
Et même, apparemment, en suivant bien les traces de dérapages, je pouvais voir qu’elle avait sans doute réussi à atteindre la cuisine.
J’ai fermé la porte qui sépare la cuisine du salon et j’ai récupéré, dans mon étagère, « la Vie des abeilles » de Maeterlink, un de mes livres les plus précieux (même si je l’ai acquis au prix modique de trois euros sur E-Bay).
Le long week-end du 1er mai me permettra de continuer ma petite enquête et peut-être même de conclure mon histoire de souris.
L’odeur de la maison est désormais insupportable.
Je précise que je ne dors pas chez moi. Je dors chez mon compagnon. Ma maison, depuis quelque temps, me sert d’atelier de peinture et de lieu d’écriture.
Bon week-end à tous.