alcool

Publié le par elizabeth971

Le bon côté de l’alcoolisme, c’est l’ivresse.

Ceux qui ont vu ce vieux film qui s’appelle Un singe en hiver ont certainement le souvenir de la réplique de Jean Gabin quand sa femme l’autorise à boire un verre de vin par jour. Il n’en a rien à foutre de son verre de vin « ce qu’on veut, c’est l’ivresse ! » déclare-t-il alors.

C’est ce qu’on veut tous, l’ivresse, parce qu’elle ne nous apporte que des agréments, des plaisirs, du bonheur. Au début en tout cas. Tant que l’alcoolisme n’a pas fait son entrée sur la scène..

L’alcoolisme (le mot lui-même est laid) existe parce que l’ivresse (quel joli mot !) existe.

 

Que celui qui n’a pas découvert, vers l’âge de quinze ans, que l’ivresse lui permettait d’oublier qu’il (ou elle) était un être au physique ingrat, mal aimé de ses camarades, qui n’a plus grand-chose à voir avec l’enfant joli et insouciant qu’il était encore il y a trois ou quatre ans, jette la première  pierre à l’alcoolique.

 

Que celui qui n’a pas réalisé que lorsqu’il était ivre, toutes ses inhibitions, toutes ses timidités tombaient et qu’il devenait du coup un être gai, spirituel, capable de danser au milieu des autres, jette la première pierre à l’alcoolique.

 

Que celui qui n’a jamais dragué (avec succès, enfin !) grâce à une ivresse légère, jette la première pierre à l’alcoolique.

 

 L’ivresse légère permet d’oublier le « moi », pas le moi authentique, intérieur, lointain, presque inaccessible, mais le « moi » qui gère toutes nos affaires courantes, qui râle, se plaint, se prend au sérieux, le « moi » omniprésent, ce « moi » gendarme qui fait de nous un être complexé qui se cache, n’ose rien dire, rien faire.

 

Une fois que vous avez goûté à l’ivresse, surtout si vous faites partie de ces êtres qui se sentent inférieurs et laids et mal compris du reste du monde (et le reste du monde ne sait pas ce qu’il perd) vous avez forcément envie de la retrouver, cette ivresse, cette amie qui vous valorise, et ça, le plus vite possible.

 

Malheureusement, l’ivresse fait partie des grandes illusions de l’humanité. Elle est le bonheur d’une expérience presque unique. Chaque nouvelle ivresse vous éloigne un peu du bonheur que vous avez connu lors de la première ivresse. Vous n’êtes pas aussi séduisant  à la dixième ivresse que vous l’étiez à la première. Et à la millième, vous ne l’êtes plus du tout. Mais chacune de ces ivresses vous donnera quand même cet oubli de soi si recherché, si libérateur, qui vous a donné l’illusion du bonheur lors de votre première ivresse.

Plus les ivresses seront rapprochées et fréquentes, plus vous vous éloignerez de l’objectif recherché et surtout, de la considération de vos amis. Au bout de quelques années, l’ivresse n’est plus l’état que vous recherchez ; l’objectif est oublié ; l’habitude s’est installée ; l’ivresse est devenue addiction. Vous êtes alcoolique et votre corps réclame l’alcool, voilà tout. Il s’alourdit, se gonfle et au moment de l’ivresse….(Non, il n’y a plus d’ivresse : vous passez directement cette étape) Vous êtes laid et stupide.

 

En couple, vous êtes confronté à votre miroir : l’épouse qui vous fait la gueule à cause de l’état dans lequel vous vous êtes mis. Ce n’est quand même pas pour vous faire emmerder que vous avez installé cette femme dans votre maison, dans votre lit, dans tous les lieux où vous pourriez quand même espérer être tranquille et ...libre de boire... encore un peu plus… Mais elle vient de vider votre bouteille dans l’évier, la salope…Elle a tué votre meilleur ami, le précieux liquide contenu dans la bouteille jusqu’à il y a un instant….Vous hurlez ! Vous....Vous frappez ? Non. Pas vous...Vous ne toucheriez pas à un cheveu d'une femme....Bref. Les hostilités sont ouvertes. Le bonheur du couple est fortement compromis.

  

 

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D
Juste par rapport à ton commentaire sur mon article d'aujourd'hui.Je parle du commentaire qui parle de l'alccol.C'est vrai que je trouve qu'à titre personnel,l'alcool quand je n'en abuse pas,me rend plus drôle,augmente ma répartie,me détend...mais tout cela n'est peut-être qu'une impression...Toi qui a écrit beaucoup plus que moi...je suis toujours aussi admiratif par rapport à l'écriture d'une pièce de théatre...as-tu déjà écrit sous l'emprise de l'alcool? Est-ce que cela peut d'après toi "ouvrir les portes de la perception"?
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M
Pas dans le genre qui pousse vers l'alccol, j'ai du trop boire deux fois dans ma vie et encore c'est juste parce que j'avais sousestimé la puissance d'un verre de rosé frais par temps chaud. je n'aime pas ne pas être maitre de moi même. Chaque adolescent se sent mal un jour ou l'autre mais je pense que j'avais suffisament confiance en moi.
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D
Je me reconnais 100% dans ta description de l'état alcoolique.Moi ça me transforme...et plus ça va plus c'est spectaculaire.Mais,je ne bois pas souvent...les WE,quand nous avons des invités...Et j'ai la descente(au sens redescendre de cet état alcoolique) souvent douloureuse.Mal de tête,pas bien le lendemain...Donc je paye chêrement pour de petits moments de délire.A moins que cela ne change,je ne deviendrais donc jamais alcoolique:trop douloureux quand on fait le bilan.Quand je dis que je me transforme,c'est vrai....il me faut de l'alcool...mais pas que ça!!! pas de la drogue,non. Simplment un ambiance propice à l'amusement.Quand il y a conjonction des deux éléments:ambiance où je sens que je peux y aller et un petit coup dans le nez je deviens terrible...Et d'un personnage relativement effacé je deviens un joyeux drilles prêt à n'importe quoi!!!Cela m'est arrivé plusieurs fois depuis le début de l'année....Le 12 juillet j'ai fait mon show toute la journée chez des amis....Il y avait pas mal de monde et des gens que je ne connaissais pas...mais good vibrations!!! J'ai fait se marrer toute la tablée et il n'y en avait que pour moi...la descente a été rude...le lendemain j'étais minable.Dans mon boulot,pour les soirées je ne m'étais jamais lâché vraiment...là à Marseille fin août,pour la dernière soirée je leur ai laissé percevoir un peu de mon vrai visage...quand je pense à leurs gueules je ne sais pas si j'ai bien fait...mais ils se sont bien marrés mes collégues.Moi,je ne pense pas avoir le destin de l'homme alcoolique....un de mes frères peut-être...Bon j'ai dévié encore une fois,emporté par mon élan..mais tu me pardonneras,tu commences à me connaitre.Si,je voulais te souhaiter quand même bon courage....car même si tu écris de manière assez détachée,je pense que cela n'est pas facile à vivre. Ou alors tu es très,très zen et hautement admirable.Je te fais une bise.Tu vois quand je dis que j'aime bien te lire c'est vrai...il n'y a pas beaucoup de blogues où je laisse 2 commentaires aussi longs!!!!Et pour les fautes je ne me suis pas relu...alors un peu d'indulgence please!!!
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E
<br /> merci mais l'alccolique violent que je décris il n'est pas dans ma vie actuelle. en ce moment, je vis avec quelqu'un qui est en danger pour lui-même mais qui est doux comme un agneau. bon.<br /> j'en reparlerai. à plus.<br /> <br /> <br />
M
Une excellente ananlyse des causes premières de l'alcoolisme le manque de confiance en soi.
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E
<br /> <br /> Merci Mary, toi aussi, tu as eu un peu de mal à te sentir bien au moment de l'adolescence ?<br /> <br /> <br /> <br />