Fonctionnaire momentanément privé d'emploi (FMPE)
Commentaire de Ginette à mon article "le monde merveilleux des fonctionnaires"
"Bonsoir,
Je ne sais si ces mots seront lus par quelqu'un. Mais j'aimerais avoir des témoignages sur la façon dont certains fonctionnaires territoriaux vivent leur situation de FMPE : Fonctionnaire
Momentanément Privés d'Emploi.
Quels sont leurs rapports avec les organismes gestionnaires, leurs difficultés, leurs droits, leurs galères.....
Merci
A bientôt,
Ginette"
Merci, Ginette, pour ce commentaire. Je ne connais pas cette situation dont vous parlez. J'imagine qu'elle touche principalement des femmes qui, ayant suivi leur mari, perdent leur emploi parce qu'elles n'en trouvent pas un équivalent à l'endroit où elles se trouvent.
Est-ce la situation dans laquelle vous êtes ?
Je mets donc votre question en titre de mon article, des fois que quelqu'un pourrait y répondre.
En attendant une réponse, je vais vous parler de ma mère.
Ma mère a connu une situation de ce type. Bien sûr, c'était à une époque bien différente de ce que nous vivons aujourd'hui. N'empêche que ça a été la galère pour elle et, en conséquence, pour toute la famille. Quand elle s'est mariée, en 1953, elle était "professeur de la ville de Paris". elle était entrée dans ce poste par concours ce qui me fait penser que sa situation était assez proche de celle d'un fonctionnaire territorial d'aujourd'hui sauf que un fonctionnaire territorial peut trouver un travail dans une aute région. C'est d'ailleurs le grand avantage du fonctionnaire territorial.
Dans le cas de ma mère, les choses étaient un peu particulières. Elle a suivi son nouvel époux en Tunisie (pays dont il n'était pas originaire, où il avait fait ses études et avait un petit emploi). Elle ne s'était pas posé la question de l'argent. Ma mère était originaire d'un milieu aisé : elle avait souffert, dans son enfance, de manque d'affection, mais pas de manque d'argent. En suivant un mari plus ou moins inconnu, en Tunisie, elle fuyait une famille qui l'avait toujours frustrée sur le plan émotionnel et c'est tout. D'ailleurs, elle a été heureuse en Tunisie mais sans travail et sans un sou. Et puis, il y a eu l'indépendance. Ils sont revenus en France avec deux enfants, mon frère et ma soeur ainée. Ils sont devenus agriculteurs non propriétaires. Ils ont galéré (c'est rien de le dire). Ils nous ont quand même élevés et nous ont permis de faire des études. Maman avait son poste qui l'attendait à Paris mais elle n'y est jamais retournée. Elle a pris un poste d'auxiliaire dans les années soixante-dix (une fois qu'on a tous eu l'âge du collège et du lycée et qu'on était pensionnaires). Ensuite, elle a passé le concours (CAPES). Une fois qu'elle l'a eu, elle a reçu un document de son ancien poste de la Ville de Paris lui expliquant que certains aménagements récents lui permettaient d'avoir une équivalence pour enseigner partout en France.
C'était trop tard pour elle mais, au moment de la retraite, elle a eu un apport important de ses quelques années de "professeur de la Ville de Paris".