mission déménagement

Publié le par elizabeth971

Je suis partie en France pendant une semaine. Très court séjour. Partie de Pointe-à-Pitre mercredi à 17h 30 à peu près, je crois. Arrivée à Paris vers 9h et demie. Correspondance pour Bordeaux bien passée. Temps superbe. Arrivée magnifique avec vue sur les châteaux du Haut-Médoc et le nord de Bordeaux. Bien regardé si je voyais des vendangeurs d’en haut. Je n’en ai pas vu. Arrivée à Bordeaux – Mérignac vers dix heures. Mon fils aîné pouvait m’amener de l’aéroport à chez lui mais pas jusque chez ma mère parce qu’il travaillait. Laissé les gros bagages chez lui et suis partie avec mon sac à dos plein des vêtements pour la semaine. Je repartais en Guadeloupe le mercredi suivant (matin). Très court séjour avec une mission très spéciale à accomplir.

 

Tout est parti d’une idée que j’ai eue en mars dernier. Mars 2011. Ou avril. Par là. En entendant les nouvelles, un jour, je me suis dit : « C’est fini. On est entrés dans le gras de la crise. On n’en sortira pas. Seuls, s’en sortiront ceux qui ont les moyens de vivre en autarcie, de subvenir à leurs propres besoins. Le moment est arrivé où il faut trouver une ferme et savoir qu’on aura à manger chez soi. L’hiver 2011 sera très dur. » Alors j’ai téléphoné à mon plus jeune fils, celui qui est à Perpignan depuis deux ou trois ans avec sa compagne et son bébé né là-bas. Je lui ai dit que s’il n’avait plus d’espoir de trouver un travail là où il était, il devait retourner chez sa grand-mère à cause du grand jardin. Jusqu’au mois de juin, on a hésité. Surtout la compagne de mon fils qui ne connaît personne en France ailleurs qu’à Perpignan et sa région. Elle avait un travail : la cueillette des fruits. Travail irrégulier mais qui lui permettait d’envoyer un peu d’argent à sa famille restée au Cambodge. La petite famille de Perpignan, elle, vit grâce à l’argent que j’envoie et un peu grâce aux allocations. Et puis, d’un seul coup, vers le milieu du mois de juin, la situation s’est dégradée. Ma belle-fille n’était plus appelée par ses agriculteurs. Elle attendait toute la semaine un appel et n’était recrutée qu’une journée, de temps en temps. Mon fils, lui, attendait un contrat qui ne s’est pas fait. Vers le 20 juillet, il m’annonce par téléphone qu’il venait de donner son préavis et déménagerait en Gironde fin septembre. Moi, je n’avais plus beaucoup de congés mais je réfléchissais à la possibilité de partir, un peu brusquement, au mois de septembre, quand des dates précises de déménagement seraient arrêtées.

C’est ainsi que je me suis retrouvée à Bordeaux le 15 septembre avec mon sac à dos, en route vers la gare routière pour prendre un car et retrouver mon fils, sa compagne et son bébé chez ma mère.

Bordeaux est la ville où j’ai passé mon adolescence et ma jeunesse. J’y ai fait mes études. Avec ma famille, avec mes amis de lycée, j’avais découvert les petites places sombres qui étaient autrefois des coupe-gorge et qui sont maintenant de très jolies places animées  de commerces, de galeries d’art, de restaurants. Pour m’y rendre en partant de chez mon fils, je me suis perdue et me suis retrouvée sur les quais qui vont vers Saint-Louis. Je ne connaissais pas ces quais. Autrefois, il n’y avait rien, je pense. Ils sont aménagés aujourd’hui en une sorte de galerie artisanale.

Avant de prendre mon car, j’ai acheté deux pinceaux fins et deux tubes de peinture dans le magasin d’art.

 

Quand je suis descendue du car, cinquante kilomètres plus loin, mon fils qui revenait des vendanges m’attendait. Ensemble, on est allés dans le magasin qui loue des camions de déménagement pour une pré-réservation. Ensuite, on est rentrés chez ma mère. La maison était organisée de façon à ce que nous puissions tous dormir. J’avais ma chambre (l’ancienne chambre de mon fils aîné qui est aussi mon ancienne chambre).

Le lendemain, c’était vendredi. Journée de baby-sitting, pour moi, afin de soulager ma mère qui est une vieille dame très vite dépassée. Le jeune couple était aux vendanges. Le soir, mon fils et moi, avons payé pour le petit camion de déménagement et mon fils a ramené le camion chez ma mère pendant que je ramenais la voiture (la compagne cambodgienne de mon fils ne conduit pas). Le déménagement allait se dérouler le week-end. 1000 kilomètres aller-retour avec interdiction d’abîmer le camion. Le jeune couple est parti dans la nuit. Moi, je gardais le bébé.

Ils sont revenus le dimanche soir. Camion impeccable. Bébé content. Répartition des meubles et cartons dans divers lieux de la maison et aussi dehors, sous une grande bâche et sur trois palettes. Camion rendu le lundi matin. J’étais au magasin avec le camion vide et nettoyé, la voiture (et dans la voiture, le bébé) pendant que les parents du bébé étaient aux vendanges. L’état des lieux du camion a été fait. La caution de huit cents euros a été rendue. Je suis rentrée chez ma mère puis repartie (avec ma mère et le bébé) pour faire les papiers de la maison à louer, faire les chèques, signer le bail à mon nom (c’est moi qui loue la maison car on ne loue pas à des chômeurs) et signer l’état des lieux.

Le lendemain était mardi. Encore quelques démarches à faire. Courses pour ramener en Guadeloupe des produits de toilette et des sous-vêtements beaucoup moins chers en France qu’en Guadeloupe. Et retour à Bordeaux pour prendre mon avion le lendemain matin.

Mission déménagement terminée. Me voici revenue en Guadeloupe. C’est là que je travaille. Mon salaire sert à payer mon logement en Guadeloupe ainsi que celui de mes enfants en Gironde.

 

 

PS : Le camion a été loué dans un magasin d'alimentation dont j'ai oublié le nom. On dit souvent que les cautions de huit cents euros ne sont jamais rendues. Je peux témoigner que quand tout se passe bien, elle est rendue. Je crois que c'est super U, en fait.

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D
<br /> <br /> Coucou,<br /> <br /> <br /> Tada ta da da, ta da da, tadada, tadada, ta da da. tu auras probablement reconnu le générique de mission impossible. Hihihi. Si, si je t'assure, en te concentrant bien tu vas reconnaitre. Belle<br /> mission en tous les cas que d'aller porter secours à ses enfants qui sont aussi loin que ça de toi. Un truc m'a fait réfléhir dans ton texte, c'est par rapport à la gravité de la situation<br /> économique. Moi je suis assez pessimiste, comme tu le sais, mais je n'avais jamais encore un jour envisagé les choses sous un jour aussi noir, à savoir que chacun devra pouvoir vivre en<br /> auto-suffisance pour s'en sortir. En y réfléchissant bien cette hypothèse n'est peut-être pas si éloignée que cela....Je ne sais pas, mais j'ai vraiment le sentiment que ce système est à bout de<br /> souffle, l'immense problème sans solution est que mettre à le place??????<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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