Reprise de mon blog

Publié le par elizabeth971

J'ai été bien longtemps absente. Mon blog a atteint pendant quelques jours le "blog rank "de zéro. il est revenu à sa vitesse de croisière de 1. Donc, tout va bien.

 

Pendant mon absence, mon blog a reçu quelques visites. C'est plutôt amusant de voir que le blog a une vie à lui pendant qu'on ne s'occupe pas de lui.

J'étais en vacances fin mai, début juin. Avant ça, en avril mai, je m'occupais de mon écriture théâtrale qui prend une place de plus en plus importante dans ma vie.

 

Tenez ! à propos d'écriture de pièces de théâtre, ce matin, à l'heure où on est entrés au travail il y a eu un meurtre à quelques centaines de mètres de là où je travaille.

Il faut vous dire, chers lecteurs, que je ne travaille pas dans mon bureau habituel. Comme il y a des travaux dans les locaux de mon service et que, en ce moment, les ouvriers en sont à percer des murs au marteau-piqueur, on travaille ailleurs que dans nos locaux habituels. Quand je dis "on travaille", c'est un bien grand mot : nous sommes 9, dans le bureau où j'ai été affectée, 9 dans un espace de 30 m² . Pour nous occuper, on nous a donné un travail de saisie mais je dois dire qu'on ne passe pas tout notre temps à saisir nos fiches. A 9, on parle assez souvent.

 

Donc, ce matin, la conversation principale concernait le meurtre. Et de temps en temps, on avait des informations supplémentaires :

- c'est une jeune femme.

- qui ? le meurtrier ?

-non. La morte."

 

Plus tard, dans la matinée, on apprend que la fille a été tuée avec un révolver ou un fusil par un mécanicien du coin qui était menacé.

"il se sentait menacé ? par qui ?" ai-je demandé  

-par la fille. elle avait un bâton.

- (moi) alors il l'a tuée parce qu'elle avait un bâton ?

-eh bien oui. Elle le menaçait avec un bâton. Il était en légitime défense.

-(moi) alors, il avait un fusil sur lui ?

-vous savez, de nos jours, avec toute la violence qu'on entend autour de nous, tout le monde a un fusil.

-(moi) vous avez un fusil sur vous ?

-bien sûr que j'ai un fusil.

- (moi) sur vous ?

-(un autre intervenant) moi j'en ai cinq, chez moi.

- (moi) mais vous n'avez pas un fusil là, tout de suite, sur vous, ça se verrait. Le gars, il avait un fusil sur lui au moment où la fille l'a menacé ou il est parti chercher le fusil chez lui ?

- ça, on ne sait pas.... mais vous savez, il y avait peut-être une histoire qu'on ne connaît pas...On ne sait pas tout."

 

 

Et donc, moi, ce matin pendant que les informations arrivaient et que les 9 personnes qui sont dans la pièce parlaient, entraient, sortaient, apportaient de nouvelles informations, je pensais à une idée de pièce de théâtre. Au fur et à mesure que l'histoire avançait dans notre bureau avec les informations supplémentaires qui arrivaient, une histoire se fabriquait, une histoire qui peut-être s'éloignait déjà de la réalité des faits et dans laquelle on prenait déjà parti pour le meurtrier. Parce qu'on le connaissait, lui, le meurtrier. C'est un mécancien du coin. Il a réparé les voitures, les motos de certains de nos collègues. Sûrement que la fille lui a fait quelque chose. C'est une locataire, elle, on ne sait pas qui c'est. Lui, si. Il est d'ici.

 

Ce matin, à 8 heures, une gamine de 23 ans a été tuée à bout portant par un homme d'une cinquantaine d'années.

C'est vraiment triste. 

Hier et avant-hier, le sujet de conversation était différent. On parlait d'un autre fait divers, absolument dramatique, arrivé aussi dans le coin : trois enfants brûlés vifs dans un incendie.

Demain, on continuera de parler de la fille de 23 ans assassinée dans la rue.

Dans quelques jours, on parlera d'autre chose.

 

En fait, je ne crois pas que j'écrirai une pièce avec cette histoire. C'est plus l'absurdité du dialogue que l'histoire en elle-même qui m'a intéressée. C'est effrayant de penser qu'une fille aussi jeune se soit fait tuer de cette façon à quelques centaines de mètres de nous et c'est très triste d'imaginer la douleur de sa famille, de ceux qui l'aiment.

Mais ce qui était intéressant, sur le plan de la narration, ce n'était pas l'évènement en lui-même mais ce qu'il déclenchait dans les conversations des 9 personnes présentes dans un lieu. Plus on était à la recherche d'une logique, plus on aboutissait à quelque chose de totalement absurde.

C'est ça, un dialogue de pièce de théâtre, c'est la dénonciation de l'absurdité.

 

 

 

 

 

 

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Commenter cet article
D
<br /> <br /> C'est vrai que le réalité dépasse souvent la fiction comme on dit...d'ailleurs j'ai lu pas plus tard que ce week-end que des studios de cinéma américains ont fait un partenariat avec une agence<br /> de presse spécialisée dans les faits divers. A partir de cette agence a été écrit le scénario des Affranchis et de quelques autres films assez célèbres. A partir de la réalité, on peut écrire de<br /> belles histoires en rajoutant un peu de choses imaginaires et en essayant de penser à la place des personnages....C'est vrai que le dialogue que tu rapporte est assez sidérant!!!! Et concernant<br /> le fond, moi j'ai une image paradisiaque de ton île, ou à peu prêt....et là tu vois le mythe en prend un coup....tu as l'air de vivre dans une société assez violente en fait. L'image que cela<br /> donne est plus proche d'un reportage sur les gangs américains que d'une carte postale!!!!<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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