Nos archives familiales
J'ai expliqué dans des articles précédents comment je me suis occupée des archives de maman avant sa mort. Ce n'est pas une entreprise facile pour la plupart des familles car les obstacles sont beaucoup plus nombreux que dans les générations de nos arrière-grands-parents. Autrefois, les maisons familiales restaient la propriété des enfants de la personne décédée, assez souvent. Et ce qui était dans la maison restait dans la maison et pouvait accompagner certains des enfants et des petits-enfants. Nous ne vivons pas à cette époque. Pas du tout. Quand je vais à Emmaüs, je vois quelquefois des archives de gens inconnus.On ne peut pas en faire grand chose si le nom des personnes n'est pas associé aux archives, aux albums photos...Seuls, les documents comme les livres ou les cartes postales pourront être utiles, les documents qui sont le résultat d'une publication, donc.
Si j'ai pu faire un travail sur les archives de maman, donc les sauvegarder (j'espère qu'elles sont toujours là où je les ai laissées, dans leurs boîtes qui les protègent), c'est parce que c'est mon métier et parce que certaines circonstances m'ont conduite à anticiper le moment où, à la mort de maman, des frères et sœurs efficaces dans l'opération de rangement, pourraient tout jeter ou disperser. Maman ayant perdu son autonomie, j'ai pris un congé sabbatique en 2015 et, pendant quelques mois, je suis restée dans son univers et j'ai rangé ses dessins et ses archives.
Tout le monde ne peut pas faire cette démarche :
-J'avais quelques économies qui m'ont permis de prendre un congé sabbatique, sinon, je n'aurais pas pu le faire. D'ailleurs, j'aurais aimé prolonger mais il aurait fallu financer ce congé et ça n'a pas pu se faire en raison, en partie, de mes relations avec mes frères et sœurs qui n'avaient pas compris ma démarche.
-Ma situation familiale (mes enfants sont grands) me permettait de prendre ce congé. En plus, en venant chez maman, je me rapprochais de mes enfants, ce dont j'ai beaucoup profité.
-Il faut maintenant un local pour ces documents et ce problème est loin d'être simple à résoudre. Si je ne garde pas la maison de maman (les autres veulent la vendre), il faudra un endroit pour mettre les archives et les objets que je souhaite garder.
Je suis sur le point d'acheter un local. Ce local servira à héberger les archives de maman mais aussi d'autres archives familiales de la région. Car j'ai le projet de créer une association de sauvegarde d'archives familiales et mon local sera l'endroit où les personnes de l'association pourront venir scanner et classer leurs archives et les entreposer provisoirement. Ce projet fait partie de mes projets de retraite.
Voici le projet tel que je l'ai rédigé :
Association de sauvetage des archives familiales
Le point de départ de l’association peut être le local. Il permet de stocker des archives, de les scanner, de les classer.
Utiliser des tables et des étagères pour classer les archives
-Déclarer l’association dont l’objectif est de collecter et classer les archives des familles afin de les sauvegarder car elles contribuent à constituer des outils pour la connaissance de l’histoire
-informer les familles, la mairie, les associations culturelles, de l’existence de cette association : conférences, Facebook, bon coin, blogs)
Dans le local, on commence à créer un petit atelier. Il n’accueillera peut-être qu’une ou deux familles au début. Chacun pourra s’exercer à classer ses propres archives et à les scanner. L’équipement de base sera un petit ordinateur et un scanner ainsi que des boîtes pour préserver les archives.
Les personnes qui viendront régulièrement à l’atelier seront les adhérents de l’association.
Chaque personne aura sa boîte (prêtée par l’association tant que ça reste dans le local et chaque boîte a un numéro). Nous choisirons des boîtes en plastique. Si les documents sont transférés aux Archives départementales, ils le seront dans des boîtes en carton.
Les documents que l’on conserve pour des raisons administratives mais qui seront éliminables à terme sont conservés dans des boîtes en carton, numérotées elles aussi.
Les documents sont classés chronologiquement.
Approfondissement de l’atelier :
-L’approfondissement de l’atelier sera d’abord la réalisation d’un répertoire numérique. Une fois les documents scannés et répertoriés, on peut envisager d’en faire un don aux Archives départementales ou communales si la personne est intéressée par cette solution. On peut aussi lui proposer de conserver ses archives si elle le souhaite et de les exposer dans le site internet.
-un atelier de généalogie servira à monter un peu plus haut dans l’histoire de sa famille. On peut avoir des éléments de travail de généalogie sur place et on peut utiliser internet. On peut aussi organiser des petites visites aux Archives communales et aux Archives départementales.
-un atelier de dessin et d’écriture sera proposé aux enfants. On peut aussi créer un jeu de société.
-l’écriture de l’histoire familiale qui peut être l’histoire d’une maison, d’une profession (meunier), d’une personne (biographie d’un personnage sur lequel on a beaucoup de documents comme des photos ou des lettres) peut être un aboutissement créatif du travail d’archivage. On pourra travailler les techniques d’écriture et de correction. On peut améliorer les mises en page, les intégrations de photos dans le texte. Ce document pourra être mis en ligne. On peut aussi envisager de le publier sous forme papier en un certain nombre d’exemplaires destinés à la mairie, aux bibliothèques locales, aux services d'Archives. Ces documents peuvent être la base de manifestations à la mairie (exposition annuelle des archives familiales et des publications réalisées par l’association).
Le travail d’archivage est intergénérationnel.