Les fautes des journalistes guadeloupéens et celles de ceux qui ne sont pas guadeloupéens sont souvent les mêmes
Ce que je reproche aux journalistes - et j'utilise ce vilain mot de "reproche" parce que le problème me semble assez important - c'est qu'ils devraient être un modèle de bonne diction, de bonne connaissance de la grammaire et de l'orthographe, de bonne connaissance des règles de prononciation aussi...Et qu'ils sont -au contraire- ceux par qui se répandent les mauvaises habitudes, ceux à cause de qui, la faute devient la règle.
Ils ne savent même pas comment se corriger quand ils se trompent et, quand ils se corrigent, c'est parfois pour faire une faute plus grave ou pour créer une faute alors qu'au premier essai, ils n'avaient justement pas fait de faute !
Je vais donner un exemple : hier soir, sur Guadeloupe Première, le journaliste Jérôme B. parlait de l'arrestation musclée de deux délinquants. Je ne pourrai pas dire de quoi il s'agissait vraiment car la faute de liaison du journaliste m'a tellement agacée que je n'ai plus écouté le discours :
"les jeunes hommes..." a-t-il dit, en faisant parfaitement la liaison qui permet d'entendre le son [z] entre jeunes et hommes et j'étais ravie d'entendre (enfin !) une bonne liaison...Mais ma joie a été de courte durée "les jeune hommes" s'est-il rapidement corrigé en faisant entendre le son [n] entre les deux mots.
C'est une faute courante en Guadeloupe...mais aussi en France métropolitaine. Sur France 2, il n'y a pas très longtemps, une jeune journaliste avait fait la faute de liaison en disant les jeune hommes avec une liaison en [n] au lieu de [z]. William, son chef, avait eu le réflexe de la reprendre "les jeunes [z]hommes" avait-il dit.
William Leymergie est un homme âgé de plus de soixante ans. Il fait partie de la génération de journalistes qui étaient un modèle de diction et de connaissance de la langue pour tous les français qui les écoutaient.
Les journalistes actuels, ceux qui ont, pour la plupart, entre trente et quarante ans (mais des plus vieux aussi), ne sont pas des modèles mais des éponges qui récupèrent toutes les fautes des gens pas très bons en grammaire et orthographe (et syntaxe aussi) et qui les répètent, faisant alors de la faute, une règle, car, malheureusement, ce qui est dit par les journalistes, est considéré par les auditeurs comme étant ce qui est correct.