Le mauvais côté des bonnes actions
Merci Agnès et Gwenn (les gentilles profs) de continuer de lire mon blog et de vous intéresser à mes réflexions sur l’enseignement et à mon désir de progresser spirituellement mais, comme toutes les bonnes choses ont leurs mauvais côtés, je suis, depuis hier soir, assaillie d’un doute. Le fait de m’occuper des enfants des autres n’a-t-il pas engendré celui que mon fils se détourne du droit chemin ? A moins que mes élèves ne représentent pour moi une forme de compensation ? Je veux dire par là qu’il est possible que, parce que mon fils ne voulait pas que je l’aide à faire ses devoirs quand il était un peu plus jeune, j’aie eu besoin d’aller aider les enfants des autres ? Mais cela non plus n’explique pas tout…. Hier soir, voyez-vous, je suis rentrée à la maison. Mon fils était là. Je lui avais téléphoné dans la journée et lui avais dit qu’il faudrait qu’il s’occupe des réparations de la nouvelle petite voiture (celle que j’utilise pour aller à mon travail et chez mes élèves) parce qu’elle a un problème de cylindres (ça fait du bruit et le contrôle technique m’a donné l’explication) et que lui qui n’a rien à faire et a la bonne voiture devrait s’occuper au moins d’aller acheter les pièces. Il m’a répondu que je n’avais qu’à demander à mon doudou de s’en occuper. J’ai vraiment détesté qu’il me dise ça et j’ai ruminé ça tout l’après-midi, ça et tous les problèmes d’argent qu’il m’a causés, en particulier depuis qu’il a le permis de conduire. Quand je suis arrivée à la maison, hier soir à vingt heures, j’ai explosé sur lui. Vraiment explosé. Tout le quartier a dû m’entendre. Et je ne lui ai pas parlé de la petite phrase qui avait déclenché ma colère mais de tous les problèmes d’argent dont il est la cause depuis deux ans. J’ai récupéré la clé de la voiture qui fonctionne et je lui ai donné celle de la nouvelle petite voiture. Il est parti furieux et moi, je suis restée seule, me sentant terriblement coupable. Je pense que le fait que je sois (par rapport au livre que je lis) dans la semaine où je dois régler ce genre de problème avec mes proches qui abusent de moi, est un pur hasard. Ce sont les évènements arrivés depuis son retour de métropole qui ont provoqué ma colère : le fait qu’il ait récupéré la voiture pour aller à son BTS à Pointe-à-Pitre, que finalement il n’ait pas pu aller à son BTS parce qu’au dernier moment la formation en alternance n’a pas pu se faire, que nous ayons acheté une petite voiture pour moi pour compenser le fait que je lui laissais la grande voiture, qu’il ait quand même gardé la voiture pour aller voir ses amis et faire la fête avec eux alors que moi, je vais au travail avec une voiture en mauvais état, etc. Tout cela serait arrivé même si je n’étais pas en train de faire ce travail de prise de conscience… Mais voilà. C’est arrivé. Il est parti avec ses affaires et la nouvelle voiture. Il a disparu dans la nature avec une voiture en mauvais état et sans argent. Et je me sens coupable. Revenons aux généralités. Le problème que je vis avec mon enfant, des centaines, des milliers, peut-être des centaines de milliers de parents dans le monde, le vivent aussi. La faute à qui si nous nous sommes trompés à ce point là et nous retrouvons avec des grands enfants qui nous prennent tout ce que nous avons sans qu’ils fassent l’effort de comprendre qu’ils devraient en retour, au moins nous aider quand nous le demandons ? Est-ce uniquement de notre faute à nous, les parents ? Chers parents qui avez des enfants tout petits ou des enfants à naître (je pense ici à une lectrice privilégiée), saurez-vous, mieux que nous, déjouer tous les pièges de la vie et de la société ? Saurez-vous donner des livres à vos enfants et lire avec eux des histoires à l’âge où ils seront plutôt tentés par la télévision ? Saurez-vous résister à l’ordinateur qu’on achète aux enfants pour ses vertus éducatives et dont ils détournent immédiatement l’objectif de départ en ne l’utilisant que pour jouer et tchater (je ne sais pas comment ça s’écrit, désolée)? Saurez-vous résister aux copains aux visages d’anges qui entraîneront vos enfants dans toutes ces merveilles empoisonnées si par hasard vous avez réussi à en protéger vos enfants ? Pourrez-vous ne pas leur acheter une voiture dès qu’ils auront le permis de conduire et arriverez-vous à les empêcher d’utiliser la vôtre quand ils auront accidenté la leur ? Quand mon fils était petit, c’était un très gentil bébé, un très gentil petit garçon ; il avait plein d’activités drôles, intéressantes, énergiques. C’était un bon lecteur aussi. Quand il écrivait des rédactions, elles étaient merveilleusement claires et drôles. Et puis, petit à petit, des évènements, des amis, des objets, l’ont transformé. On peut retrouver les qualités que l’on avait quand on était enfant mais ça peut prendre du temps et de longs détours quand on s’en est éloigné. Je souhaite qu’il retrouve ses qualités d’enfant et j’espère que ma colère de hier soir aura des conséquences plutôt positives. Tout ce qui est bon a un mauvais côté et tout ce qui est mauvais a aussi, Dieu merci, son bon côté. C’est tout ce que je trouve à dire pour me consoler.
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