des écolos en haut d'une montagne
Hier, nous sommes allés chez de vrais écolos. Des gens qui habitent dans la montagne. On se demande toujours, quand on monte dans ces chemins de montagne, si on trouvera un endroit pour faire demi-tour, des fois qu'on se serait trompés, qu'on n'aurait pas pris le bon chemin pour aller chez les gens.
Mais nous ne nous étions pas trompés. Nous sommes arrivées (j'étais avec une copine) chez les gens qui nous attendaient, un couple qui propose des petits stages pour apprendre à faire des calebasses. La calebasse est un fruit dont on ne mange pas la pulpe. On utilise la coquille du fruit pour faire des objets et on peut décorer les objets en question. Nous avons donc passé la matinée à apprendre comment préparer une calebasse (qui a été cueillie sur un calebassier) et comment la décorer. Pas facile. Il faut graver avec un petit instrument et on ne prend pas tout de suite le coup. Ma petite production n'a pas été formidable. Mais le plus intéressant était ailleurs. Le plus intéressant, c'était ce que les gens qui nous accueillaient nous racontaient sur leur vie.
C'est un homme et une femme encore jeune, parents d'une adorable petite fille de six ans. Ils sont arrivés en Guadeloupe il y a pas mal d'années (plus de dix ans en tout cas) et ils ont construit une maison en bois, entièrement démontable, au milieu d'un grand jardin tropical qu'ils louent (c'est le terrain qu'ils louent, pas la maison). Il ont l'électricité mais pas d'appareils inutiles (par exemple : pas de frigidaire ; je pense aussi qu'ils n'ont pas de télé). Ils n'ont pas d'eau non plus, à part celle qui vient du ciel.
Ils fabriquent des objets qui sont de véritables petites merveilles, et ils les vendent 30 ou 40 euros, sans passer par des intermédiaires car sinon, les prix ne correspondraient plus à leur travail. Ils organisent des petits stages pour trois ou quatre personnes à chaque fois (on paye vingt euros pour la demi-journée). Ils mangent les fruits et les légumes de leur jardin. Ils travaillent tout le temps et ne gaspillent rien. Voilà. On se croirait dans la conclusion de Candide "il faut cultiver notre jardin". Facile à dire, cultiver son jardin. Il faut le trouver, le jardin et faire sa maison et ne pas être tout le temps tenté d'abandonner. C'est courageux, quand même, ce qu'ils font, non ?
Bon. J'ai d'autres articles à finir (comme je suis sortie, ce week-end, je n'ai pas eu le temps de les finir). Il y aura donc normalement très bientôt sur ce site le récit de mes aventures du week-end précédent (une randonnée dans la montagne qui ressemblait plus à Apocalypse now qu'à une randonnée de week-end et puis un texte sur la créativité selon Marcel Proust - une merveille, le texte de Proust - ou sur Proust. Vous verrez).
à bientôt donc.