le bonheur dans l'observation de la nature (1)
Participation à un sujet concernant le bonheur.
C’est Dexter qui, dans son blog évoque le bonheur avec un peu de pessimisme.
Cheer up, Dexter, le bonheur, ça existe.
Je vais donc apporter ma contribution à ce sujet puisqu’après tout, mon blog, me semble-t-il, parle du bonheur et de mes expériences du bonheur dans mon observation de la nature. J’espère que mon petit exposé va le montrer.
Mon approche est un peu carrée. Je vais faire quelques catégories pour trouver ce qu’est le bonheur.
Dans quelle partie cherchons nous le bonheur ? Argent ? Santé ? Amour ? travail ? plaisirs des sens ?
-L’argent Ne nous cachons pas la face. L’argent a bien quelque chose à voir avec le bonheur. Il n’y contribue pas, même si la rallonge d’un proverbe l’affirme car l’argent ne fait pas le bonheur, ça veut dire (à mon sens) que l’argent est une condition préalable au bonheur (plutôt qu’une contribution). L’argent n’est pas le bonheur lui-même : le bonheur que l’on cherche, on le trouvera réellement dans autre chose que l’argent mais, sans l’argent, dans une société d’argent, le bonheur semble bien difficile à concevoir. Qui pourra affirmer qu’on peut trouver le bonheur dans la misère, actuellement, dans notre société ?
-La santé
Même bitin, même bagay (expression antillaise). La santé, tout comme l’argent, me paraît être une condition sans laquelle le bonheur est quasiment impossible. La santé, c’est la matérialité du corps. Si nous laissons notre corps sans soin ou si nous tombons malade, nous aurons bien du mal à trouver le bonheur. Là aussi, santé et argent sont un minimum de notre époque, de notre société. Pas de santé, c’est souffrir dans sa chair, c’est aller vers la mort. Prouvez-moi que la souffrance et la mort permettent d’atteindre le bonheur. Je suis persuadée que le jour où l’homme aura réussi à vaincre la souffrance du corps (mais il faut aussi que l’on arrive à ne plus se torturer les uns les autres, et on n’y est pas encore), l’homme aura accompli sa plus belle conquête de l’homme. Oui mais. La jouissance est-elle possible si la souffrance est abolie ? Faut-il choisir entre l’abolition des deux et l’existence des deux ?
-Les relations humaines réussies : amour, amitié, enfantement, sexe. Tout cela peut apporter une forme de bonheur mais c’est délicat car ce qui nous donne du bonheur dans les relations humaines, peut très vite nous apporter de la souffrance… L’amour - passion passe de l’un à l’autre si facilement…Et l’amour sans passion a la réputation de sombrer dans un quotidien triste, monotone et parfois infernal… L’amour sexuel n’est pas le bonheur à coup sûr. Dom Juan est un exemple littéraire d’un homme qui avait choisi d’être toujours heureux en amour en renouvelant un nombre infini de fois le moment où la femme capitule et vous avoue son amour. Seul, ce moment-là apporte vraiment du bonheur à Dom Juan. Il faut alors ne jamais rester avec la femme qu’on a tant aimée et cesser de l’aimer pour en aimer une autre. N’est-il pas vrai que le meilleur moment d’une histoire d’amour est sa naissance ? Mais Don Juan se prive de l’amour véritable en le cherchant de cette façon-là. Il cherche un plaisir court sans cesse renouvelé et écarte toute possibilité d’amour. Sans capacité d’amour véritable, le bonheur ne peut exister pour Don Juan.
-Le travail fait partie des relations humaines mais aussi de l’accomplissement personnel. Le travail, quand il devient un art, apporte du bonheur. Je le crois. Un bonheur durable sans doute. Mais qui parvient réellement à ce bonheur ? Avons-nous clos le débat si nous affirmons que le travail rend heureux ? Non : il y a des récupérations possibles de cette notion par les exploiteurs de travailleurs qui annoncent avec fierté qu’ils créent une entreprise non pas pour s’enrichir personnellement mais pour donner du travail (donc du bonheur ?) à des travailleurs jusque-là privés d’emploi. Alors, le travail apporte-t-il le bonheur ? Le travail oui, mais pas l’exploitation de l’homme par l’homme. La frontière est bien mince entre les deux.
-Les sens. Ah… j’en arrive au meilleur. Car ce sont bien les sens qui, à mon avis, sont les véritables pourvoyeurs de bonheur par l’intermédiaire des désirs, des envies, des plaisirs. Mais attention ! Les sens, les plaisirs, les désirs, ne permettent pas toujours de trouver le bonheur. Le grand philosophe grec Epicure y avait bien pensé.
Epicure ( reproduction d’un article trouvé sur internet) :
Sa philosophie matérialiste, dont le but est de conduire tous les êtres humains vers le bonheur, affirme que toute connaissance passe par la sensation. Dans le prolongement de l'atomisme de Démocrite, Epicure fonde une sagesse du plaisir basée non sur la jouissance, mais sur les plaisirs naturels et nécessaires, la maîtrise des passions, l'absence de souffrance pour le corps et l'absence de "trouble" pour l'âme (ataraxie). Ce rapport aux plaisirs a généré une des grandes incompréhensions de la philosophie par la confusion de l'épicurisme avec l'hédonisme ou la concupiscence.
"Nul plaisir n'est en lui-même un mal; mais les causes productrices de certains d'entre eux apportent de surcroît bien plus de perturbations que de plaisirs."
"Si les Dieux voulaient exaucer les voeux des mortels, il y a longtemps que la Terre serait déserte, car les hommes demandent beaucoup de choses nuisibles au genre humain." (Epicure / 341-270 avant notre ère / Doctrines et maximes)
"Etre heureux, c'est savoir se contenter de peu." (Epicure / 341-270 avant notre ère)
Bon. Revenons-en aux sens. Quels sont-ils et en quoi peuvent-ils nous apporter le bonheur ?
(à suivre : le prochain épisode parlera de mes recherches du bonheur dans la nature et dans les livres qui me guident dans cette recherche que je n’abandonne pas du tout. Au contraire : plus je recherche le bonheur, plus je suis attirée par cette recherche et ça ne me rend pas du tout malheureuse de m’appliquer à cette recherche)
Bibliographie :
Don Juan par Molière
Le Monde de Sophie par Gaarder (le passage sur Epicure est excellent)
Se libérer du connu par Krishnamurti
Le Bonheur désespérément par André Comte-Sponville (indispensable, extraordinairement logique, limpide,….j’ai prêté mon exemplaire mais ne l’ai pas récupéré. Je le rachèterai. Librio, 2 euros ) …
Et des milliers de livres merveilleux qui parlent de la recherche du bonheur soit dans leur globalité soit dans certains de leurs chapitres soit dans un tout petit passage que l’on découvre au détour d’une page…..
C’est Dexter qui, dans son blog évoque le bonheur avec un peu de pessimisme.
Cheer up, Dexter, le bonheur, ça existe.
Je vais donc apporter ma contribution à ce sujet puisqu’après tout, mon blog, me semble-t-il, parle du bonheur et de mes expériences du bonheur dans mon observation de la nature. J’espère que mon petit exposé va le montrer.
Mon approche est un peu carrée. Je vais faire quelques catégories pour trouver ce qu’est le bonheur.
Dans quelle partie cherchons nous le bonheur ? Argent ? Santé ? Amour ? travail ? plaisirs des sens ?
-L’argent Ne nous cachons pas la face. L’argent a bien quelque chose à voir avec le bonheur. Il n’y contribue pas, même si la rallonge d’un proverbe l’affirme car l’argent ne fait pas le bonheur, ça veut dire (à mon sens) que l’argent est une condition préalable au bonheur (plutôt qu’une contribution). L’argent n’est pas le bonheur lui-même : le bonheur que l’on cherche, on le trouvera réellement dans autre chose que l’argent mais, sans l’argent, dans une société d’argent, le bonheur semble bien difficile à concevoir. Qui pourra affirmer qu’on peut trouver le bonheur dans la misère, actuellement, dans notre société ?
-La santé
Même bitin, même bagay (expression antillaise). La santé, tout comme l’argent, me paraît être une condition sans laquelle le bonheur est quasiment impossible. La santé, c’est la matérialité du corps. Si nous laissons notre corps sans soin ou si nous tombons malade, nous aurons bien du mal à trouver le bonheur. Là aussi, santé et argent sont un minimum de notre époque, de notre société. Pas de santé, c’est souffrir dans sa chair, c’est aller vers la mort. Prouvez-moi que la souffrance et la mort permettent d’atteindre le bonheur. Je suis persuadée que le jour où l’homme aura réussi à vaincre la souffrance du corps (mais il faut aussi que l’on arrive à ne plus se torturer les uns les autres, et on n’y est pas encore), l’homme aura accompli sa plus belle conquête de l’homme. Oui mais. La jouissance est-elle possible si la souffrance est abolie ? Faut-il choisir entre l’abolition des deux et l’existence des deux ?
-Les relations humaines réussies : amour, amitié, enfantement, sexe. Tout cela peut apporter une forme de bonheur mais c’est délicat car ce qui nous donne du bonheur dans les relations humaines, peut très vite nous apporter de la souffrance… L’amour - passion passe de l’un à l’autre si facilement…Et l’amour sans passion a la réputation de sombrer dans un quotidien triste, monotone et parfois infernal… L’amour sexuel n’est pas le bonheur à coup sûr. Dom Juan est un exemple littéraire d’un homme qui avait choisi d’être toujours heureux en amour en renouvelant un nombre infini de fois le moment où la femme capitule et vous avoue son amour. Seul, ce moment-là apporte vraiment du bonheur à Dom Juan. Il faut alors ne jamais rester avec la femme qu’on a tant aimée et cesser de l’aimer pour en aimer une autre. N’est-il pas vrai que le meilleur moment d’une histoire d’amour est sa naissance ? Mais Don Juan se prive de l’amour véritable en le cherchant de cette façon-là. Il cherche un plaisir court sans cesse renouvelé et écarte toute possibilité d’amour. Sans capacité d’amour véritable, le bonheur ne peut exister pour Don Juan.
-Le travail fait partie des relations humaines mais aussi de l’accomplissement personnel. Le travail, quand il devient un art, apporte du bonheur. Je le crois. Un bonheur durable sans doute. Mais qui parvient réellement à ce bonheur ? Avons-nous clos le débat si nous affirmons que le travail rend heureux ? Non : il y a des récupérations possibles de cette notion par les exploiteurs de travailleurs qui annoncent avec fierté qu’ils créent une entreprise non pas pour s’enrichir personnellement mais pour donner du travail (donc du bonheur ?) à des travailleurs jusque-là privés d’emploi. Alors, le travail apporte-t-il le bonheur ? Le travail oui, mais pas l’exploitation de l’homme par l’homme. La frontière est bien mince entre les deux.
-Les sens. Ah… j’en arrive au meilleur. Car ce sont bien les sens qui, à mon avis, sont les véritables pourvoyeurs de bonheur par l’intermédiaire des désirs, des envies, des plaisirs. Mais attention ! Les sens, les plaisirs, les désirs, ne permettent pas toujours de trouver le bonheur. Le grand philosophe grec Epicure y avait bien pensé.
Epicure ( reproduction d’un article trouvé sur internet) :
Sa philosophie matérialiste, dont le but est de conduire tous les êtres humains vers le bonheur, affirme que toute connaissance passe par la sensation. Dans le prolongement de l'atomisme de Démocrite, Epicure fonde une sagesse du plaisir basée non sur la jouissance, mais sur les plaisirs naturels et nécessaires, la maîtrise des passions, l'absence de souffrance pour le corps et l'absence de "trouble" pour l'âme (ataraxie). Ce rapport aux plaisirs a généré une des grandes incompréhensions de la philosophie par la confusion de l'épicurisme avec l'hédonisme ou la concupiscence.
"Nul plaisir n'est en lui-même un mal; mais les causes productrices de certains d'entre eux apportent de surcroît bien plus de perturbations que de plaisirs."
"Si les Dieux voulaient exaucer les voeux des mortels, il y a longtemps que la Terre serait déserte, car les hommes demandent beaucoup de choses nuisibles au genre humain." (Epicure / 341-270 avant notre ère / Doctrines et maximes)
"Etre heureux, c'est savoir se contenter de peu." (Epicure / 341-270 avant notre ère)
Bon. Revenons-en aux sens. Quels sont-ils et en quoi peuvent-ils nous apporter le bonheur ?
(à suivre : le prochain épisode parlera de mes recherches du bonheur dans la nature et dans les livres qui me guident dans cette recherche que je n’abandonne pas du tout. Au contraire : plus je recherche le bonheur, plus je suis attirée par cette recherche et ça ne me rend pas du tout malheureuse de m’appliquer à cette recherche)
Bibliographie :
Don Juan par Molière
Le Monde de Sophie par Gaarder (le passage sur Epicure est excellent)
Se libérer du connu par Krishnamurti
Le Bonheur désespérément par André Comte-Sponville (indispensable, extraordinairement logique, limpide,….j’ai prêté mon exemplaire mais ne l’ai pas récupéré. Je le rachèterai. Librio, 2 euros ) …
Et des milliers de livres merveilleux qui parlent de la recherche du bonheur soit dans leur globalité soit dans certains de leurs chapitres soit dans un tout petit passage que l’on découvre au détour d’une page…..
Publicité