campagne électorale : une entreprise éphémère

Publié le par elizabeth971

La campagne bat son plein.

Notre équipe a présenté sa liste dans les temps. Je ne suis pas dessus. Ce n'est pas une surprise puisque j'avais demandé moi-même à ne pas y être pour des raisons familiales et parce qu'une jeune femme que je connais assez bien souhaitait être sur la liste. On manque de jeunes sur notre liste. J'ai demandé qu'elle y soit pendant que moi, je m'occuperai de mon association que je n'ai toujours pas créée mais qui va l'être très bientôt.

Faire partie d'une campagne électorale, même si on ne fait pas partie des futurs élus, c'est une aventure humaine très stimulante et au point de vue organisation, nous travaillons dans une véritable entreprise. Entreprise qui a une durée de vie de deux semaines à peu près (si on ne compte que la période de campagne proprement dite), qui demande un véritable investissement en argent, en temps, en travail.

Nous avions hier notre réunion de présentation de candidats. C'était une réunion publique ouverte à tous. Nous étions dans le restaurant du centre bourg, celui où nous mangeons tous les samedis soirs, mon doudou et moi. J'avais d'ailleurs été chargée de la réservation de la salle. J'ai pris pas mal de photos mais mon appareil n'est pas un appareil de qualité surtout quand les photos sont prises de nuit. Une autre personne a pris des photos avec un très bon appareil. Mais elle a pris moins de photos que moi.

Notre candidat principal est un enseignant, un homme intelligent, proche de la retraite. Il a rédigé son programme, j'en ai fait une relecture. Le programme publié en couleur et sur papier glacé a belle allure. il a été distribué hier au cours de la réunion. Notre futur maire (nous espérons être élus) a expliqué son projet, un projet auquel chaque membre du groupe a participé. Nous avons donc fabriqué ensemble notre programme au cours de nos réunions des mois de janvier et février. Et c'est notre chef, le futur maire, qui l'a rédigé et l'a envoyé à l'imprimerie.

Tout se passe dans un temps très limité, tout a des délais stricts. En même temps, le programme est le résultat d'un travail d'observation, de dialogues, de réflexions qui a duré des années. Notre chef explique tout ça devant les personnes présentes. Nous avons une sono, des micros. Il y a un équipement derrière tout ça.

Le public a la parole. Quelques personnes posent des questions. Une question reste sans réponse satisfaisante, celle du pêcheur qui ne peut plus être pêcheur parce que depuis plusieurs mois, la pêche est interdite en raison de la pollution des sols, pollution qui s'est déversée dans la mer et a empoisonné les poissons et les coquillages. Tout le monde sait que cette question est sans réponse. Notre chef répond avec gêne, insiste sur le fait que la situation des pêcheurs est douloureuse, parle d'une reconversion à mettre en place. Que faire ? L'Etat a prévu de petites indemnités limitées dans le temps. La pollution a provoqué de nombreux cas de cancer et de bien d'autres dégâts sur la santé de tous les habitants de l'île. Dans le secteur où nous vivons, la culture de certaines plantes est interdite, la pêche côtière aussi.

On passe à d'autres questions. On parle de l'organisation des élections. On parle de notre local de communication - un local prêté par un sympathisant - on parle du financement de la campagne...

Le financement.... Il faut en parler bien sûr. Nous ne comptons que sur nous-mêmes. Il faut payer la sono, le restaurant qui nous accueille, les ti-shirts de propagande, l'imprimerie, les affiches, les voitures qui annoncent les conférences.

Tout a un coût. Et c'est nous, les candidats et les sympathisants qui payons. Nous payons pour un projet auquel nous croyons et pendant un temps limité, nous vivons ensemble notre projet, nos organisations, nos travaux qui servent à concrétiser le projet.

Et nous sommes heureux pendant cette période parce que nous sommes un groupe d'amis, de gens qui ne se connaissaient pas tous avant et qui se regroupent autour d'un rêve.

La politique, c'est peut-être d'abord ce rêve qui est constitué par la campagne elle-même. Personne ne sait jamais comment les choses se concrétiseront. Allons-nous gagner ? Nous ne le savons pas mais le chemin qui mène à cet objectif, ce chemin plein de rêves et d'amitiés (mais aussi de disputes et de souffrances), ce chemin créé autour de ce rêve, pour aboutir à ce rêve, ce chemin qu'on appelle "campagne", c'est peut-être ce chemin, plus encore que l'objectif, même quand il est atteint, qui donne envie aux hommes politiques de faire de la politique.

La réunion se termine par un cocktail.

Quelques uns (nos ivrognes locaux) ne sont venus que pour boire gratuitement, nous le savons. Mais ils ont dû attendre la fin des discours et des questions pour accéder au bar. Une heure et demie.

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D
<br /> Je "profite" d'une gastro et d'être mal en point au lit pour te laisser un commentaire. Comme je ne suis pas trop en forme, je ne ferai pas un roman. En fait, je voudrais juste te dire à quel<br /> point ton texte donne envie de faire de la politique, mais au sens où tu la décris. Très bien. Cet esprit communautaire qu'on sent dans ton texte, ce projet commun qui rassemble des gens<br /> différents qui apprennent à se connaitre, le partage des idées et des compétences. Tout cela est beau et donne envie de se réconcilier avec la politique. En fait, la politique est un peu le<br /> contraire d'un match de foot. Au foot, tu en chies à l'entrainement, avant le match. Et tu prends du plaisir pendant le match. Là avec ce que tu décris, j'ai l'impression qu'on prend du plaisir<br /> dans la campagne et puis l'exercice du pouvoir est un peu l'entrainement des footballeurs. Pas bien excitant, fatiguant, usant. Tu as raison, les campagnes politiques, si j'y pense bien sont ce<br /> qui m'ont fait aimer la politique. Le côté "On est les champions!!!", j'ai toujours aimé. Ce qui me dégoute aujourd'hui, c'est finalement le décalage qui existe entre les campagnes et ce qui se<br /> passe après, qui est d'une tristesse infinie depuis quelques années déjà, mais qui est presque pire avec les socialistes maintenant. Je ne peux plus les encadrer, les Montebourg, Valls, Ayrault,<br /> Taubira. Et les écolos qui sont au gouvernement pour quoi, dis-moi??? Ils feraient mieux d'être dans l'opposition à ce gouvernement qui bafoue toutes les valeurs écologiques, qui a accepté le<br /> monde tel qu'il est et surtout accepté de ne surtout pas le changer. Ceux qui changeront le monde, ce sera peut-être vous, avec votre liste électorale!! Les vrais gens, quoi. Pas les<br /> professionnels de la politique qui ne roulent en général que pour eux-même et qui n'ont pas beaucoup de compassion pour les petits. Alors je te souhaite bonne chance pour les élections et tous<br /> tes projets. Moi, je....Non, je ne parlerai pas de moi, ce n'est pas l'endroit pour le faire. Bonne chance et la bise.<br />
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E
<br /> <br /> Merci, Dexter, pour ce gentil message. Tu élargis le sujet et c'est très bien de le faire comme tu le fais. Même moi qui suis très écolo, je n'aime pas beaucoup certains discours politiques des<br /> écologistes. Je te souhaite un bon rétablissement et surtour beaucoup de courage concernant ce qui arrive à ta famille, à tes parents.<br /> <br /> <br /> à bientôt et la bise.<br /> <br /> <br /> <br />