photo de famille
J’étais en France au mois de mars. 13 jours de vacances dans ma famille. J’ai fait mes courses : vêtements, articles de toilette,…J’ai fait aussi des courses avec ma belle-fille et lui ai fait quelques cadeaux. On a fêté l’anniversaire du bébé (2 ans). J’ai fait un peu de baby-sitting. Je me suis occupée de ma mère qui a surtout besoin de parler. J’ai fait du débroussaillage avec mon fils aîné et j’ai fait la gueule à sa petite amie qui utilise les allocations de chômage de mon fils pour s’acheter des trucs chers et inutiles et mon fils m’a dit (devant elle) « elle pense que tu la détestes ! » et j’ai répondu à la petite « non, je ne te déteste pas toi, en tant que personne, mais je déteste ta façon de ne t’intéresser qu’aux objets de consommation ! » Elle a eu l’air de comprendre pendant un instant et dix minutes après, elle semblait avoir tout oublié…
Voilà ce qu’ont été mes vacances. Courtes mais très riches en activités familiales, en communications familiales.
Quand y retournerai-je ? Ils me manquent déjà beaucoup.
A l’aéroport, j’ai pris une photo de mes enfants qui m’ont accompagnée. Sur la photo, il y a mes deux fils et ma petite-fille ainsi que la maman de ma petite-fille. Je les aime tous. C’est ma famille. Une famille avec ses particularités propres. Il y a mon plus jeune fils, un peu gros, souriant. Il tient dans ses bras son bébé et le bébé tient dans ses bras son poupon. A sa gauche se tient la maman du bébé. Elle est petite. Elle a l’air un peu fatiguée. Le dernier personnage de la photo est mon fils aîné dans toute sa splendeur, son originalité. Il est grand, mince. Il a les cheveux longs comme Duhrer sur son autoportrait ou comme Jésus ou comme Tarzan. Il ressemble aux trois. Il porte une barbe de dix jours ce qui fait dire à ma mère qu’il devrait se raser pour ne pas répugner les autres.
C’est sa petite amie qui a trouvé sa ressemblance avec Tarzan, l’autre jour, quand nous faisions du débroussaillage dans le jardin de la maison de mes ancêtres, la maison que mes cousines veulent vendre et que nous avons décidé d’occuper en attendant qu’elles acceptent d’en baisser le prix pour que nous puissions l’acheter.
Elle l’a appelé Tarzan au moment où il était perché dans un arbre qu’il élaguait. Elle a raison pour ça. Mon fils est une sorte de Tarzan parce qu’il grimpe aux arbres et qu’il a les cheveux longs et qu’il aime la nature.
Il est au chômage depuis quelques semaines et son projet d’avenir est en train de se mettre en place. Il va suivre une formation de « grimpeur-élagueur-bûcheron ».
Voilà un métier d’avenir, un métier qui lui va comme un gant.
Et moi, je regarde de temps en temps la photo que j’ai prise à l’aéroport de Bordeaux et je me dis que je suis fière de mes enfants qui me ressemblent, qui ont choisi des voies qui font d’eux des jeunes gens libres. Ils auraient pu, s’ils avaient vraiment travaillé en classe, être, l’un ingénieur informaticien, l’autre, juge ou criminologue. Ça aurait été plus convenable, comme métiers, plus conforme à ce que la famille peut attendre. Mais ils n’ont pas été conformes, mes enfants. L’un, le plus jeune, est maintenant vigneron stagiaire. L’autre sera bientôt élagueur pour couper les branches des arbres sans leur faire de mal.
Et tous deux sont excellents en orthographe et en grammaire parce que ce sont mes enfants. Ils me ressemblent finalement.