paysages
Pendant un mois et demi, la Guadeloupe a beaucoup souffert par endroits ; mieux respiré ailleurs. Mieux respiré dans certains coins de la Basse-Terre, du côté de Vieux-Fort – Rivière Sens, par exemple.
Les Sablières....
Il existe une carrière de sable au bout de la route de Vieux-Fort, quand on arrive à Rivière Sens, juste en bordure de la plage. C’est une carrière de sable noir. On appelle cet endroit « les sablières ».
Basse Terre et Jarry....
Avant 1976 (1976 est une année marquante pour la région de Basse-Terre parce qu’il y a eu cette année-là une éruption de la Soufrière), cette carrière était déjà exploitée, me semble-t-il. Il a été question, à un moment, de traiter sur place le sable et les roches extraits de la carrière mais un contrat a été signé à l’époque pour que l’usine de traitement de la carrière (il s’agit, je crois, d’une « concasseuse »), ne soit pas installée près de la carrière mais, à cinquante ou soixante kilomètres de là, dans la zone industrielle qui se développait dans la région de Pointe-à-Pitre. J’ai nommé Jarry.
C’est bien ou pas bien que l’usine se trouve là-bas ? C’est plutôt bien que les usines restent avec les usines. Que nos paysages verdoyants de la région de Basse-Terre ne soient pas attristés par la présence d’une usine….Le revers de la médaille, c’est la présence de dizaines de camions qui font la queue, tout près de la plage, vers cinq ou six heures du matin, pour pouvoir entrer (les uns après les autres je suppose), dans la carrière afin d’y recevoir leur chargement qu’ils emmèneront à environ cinquante kilomètres de façon à ce qu’il soit traité.
Les camions de Rivière Sens....
On les avait oubliées, ces files de camions, pendant les quarante quatre jours de grève. Désormais, le matin, lorsque nous partons tôt au travail, nous rencontrons sur notre route de Vieux-Fort à Rivière Sens, d’abord les nombreux sportifs qui courent ou font du vélo, puis les camions qui attendent et forment une sorte de haie d’honneur, entre mer et montagne (montagne en cours de destruction), ne laissant passer qu’une voiture à la fois, tant la route est, par eux, rétrécie.
Excursion à la Soufrière....
J’étais, samedi après-midi, en excursion à la Soufrière, avec une amie et des amis à elle, tous nés en Guadeloupe : trois copains joyeux, âgés de quarante à cinquante ans, sportifs, pleins d’énergie. Trois d’entre nous (deux femmes et un homme) n’avons escaladé qu’une partie de la montagne. Nous sommes allés jusqu’à la « Savane à mulets » et, tandis que les deux autres, alors que le soleil était déjà assez bas et que l’air était vraiment frais, commençaient l’escalade proprement dite de la montagne, nous sommes descendus tranquillement vers le parking, en conversant.
Stabilité des paysages....
L’homme avec qui nous étions, nous, les deux femmes vivant en Basse-Terre, était un habitant de la région de Pointe-à-Pitre. Il nous a expliqué qu’il était né à Basse-Terre mais n’y avait passé que sa toute petite enfance, ses parents ayant ensuite décidé de vivre du côté de Pointe-à-Pitre.
La région de Basse-Terre évoquait pour lui quelque chose d’agréable, même s’il appréciait le confort et la vie de la région où il est installé. Il disait qu’il trouvait une stabilité dans les paysages de Basse-Terre, une impression d’être vraiment en Guadeloupe alors que la région de Jarry est une région industrielle, copie de toutes les régions industrielles que l’on trouve dans le monde.
En rentrant à la maison, j’ai parlé, à mon compagnon, de mon après-midi à la Soufrière, de notre promenade, des deux quadragénaires cinglés qui sont montés à l’assaut de la montagne malgré l’heure tardive et qui ne sont redescendus qu’une fois la nuit tombée (et glaciale), à la lumière de leurs lampes de poche et qui, avant de remonter dans leur voiture, ont plongé dans le bassin dont l’eau est vaguement tiède.
Promenades en forêts... Mon compagnon m’a alors parlé des excursions qu’il faisait avec ses amis quand il avait quinze ans, vingt ans ou un peu plus. Il se promenait souvent dans les forêts des hauteurs de Vieux-Fort. « Si on se promenait dans ces forêts, à présent, on ne les retrouverait plus comme elles étaient, m’a-t-il dit. Tout a changé dans les montagnes entre Vieux-Fort et Rivière Sens. »
Nouvelle route de Rivière Sens....
Dans quelques années (dix, vingt, trente ans ?), la montagne entre Vieux-Fort et Rivière Sens n’existera probablement plus. La route entre la mer et la montagne sera alors si large que l’on ne craindra plus qu’elle soit détruite périodiquement par les cyclones. Les voitures n’auront plus besoin de slalomer pour ne pas risquer d’écraser les coureurs du matin et du soir car il y aura de la place pour tout le monde. Puisqu'il n'y aura plus de montagne.
Les Sablières....
Il existe une carrière de sable au bout de la route de Vieux-Fort, quand on arrive à Rivière Sens, juste en bordure de la plage. C’est une carrière de sable noir. On appelle cet endroit « les sablières ».
Basse Terre et Jarry....
Avant 1976 (1976 est une année marquante pour la région de Basse-Terre parce qu’il y a eu cette année-là une éruption de la Soufrière), cette carrière était déjà exploitée, me semble-t-il. Il a été question, à un moment, de traiter sur place le sable et les roches extraits de la carrière mais un contrat a été signé à l’époque pour que l’usine de traitement de la carrière (il s’agit, je crois, d’une « concasseuse »), ne soit pas installée près de la carrière mais, à cinquante ou soixante kilomètres de là, dans la zone industrielle qui se développait dans la région de Pointe-à-Pitre. J’ai nommé Jarry.
C’est bien ou pas bien que l’usine se trouve là-bas ? C’est plutôt bien que les usines restent avec les usines. Que nos paysages verdoyants de la région de Basse-Terre ne soient pas attristés par la présence d’une usine….Le revers de la médaille, c’est la présence de dizaines de camions qui font la queue, tout près de la plage, vers cinq ou six heures du matin, pour pouvoir entrer (les uns après les autres je suppose), dans la carrière afin d’y recevoir leur chargement qu’ils emmèneront à environ cinquante kilomètres de façon à ce qu’il soit traité.
Les camions de Rivière Sens....
On les avait oubliées, ces files de camions, pendant les quarante quatre jours de grève. Désormais, le matin, lorsque nous partons tôt au travail, nous rencontrons sur notre route de Vieux-Fort à Rivière Sens, d’abord les nombreux sportifs qui courent ou font du vélo, puis les camions qui attendent et forment une sorte de haie d’honneur, entre mer et montagne (montagne en cours de destruction), ne laissant passer qu’une voiture à la fois, tant la route est, par eux, rétrécie.
Excursion à la Soufrière....
J’étais, samedi après-midi, en excursion à la Soufrière, avec une amie et des amis à elle, tous nés en Guadeloupe : trois copains joyeux, âgés de quarante à cinquante ans, sportifs, pleins d’énergie. Trois d’entre nous (deux femmes et un homme) n’avons escaladé qu’une partie de la montagne. Nous sommes allés jusqu’à la « Savane à mulets » et, tandis que les deux autres, alors que le soleil était déjà assez bas et que l’air était vraiment frais, commençaient l’escalade proprement dite de la montagne, nous sommes descendus tranquillement vers le parking, en conversant.
Stabilité des paysages....
L’homme avec qui nous étions, nous, les deux femmes vivant en Basse-Terre, était un habitant de la région de Pointe-à-Pitre. Il nous a expliqué qu’il était né à Basse-Terre mais n’y avait passé que sa toute petite enfance, ses parents ayant ensuite décidé de vivre du côté de Pointe-à-Pitre.
La région de Basse-Terre évoquait pour lui quelque chose d’agréable, même s’il appréciait le confort et la vie de la région où il est installé. Il disait qu’il trouvait une stabilité dans les paysages de Basse-Terre, une impression d’être vraiment en Guadeloupe alors que la région de Jarry est une région industrielle, copie de toutes les régions industrielles que l’on trouve dans le monde.
En rentrant à la maison, j’ai parlé, à mon compagnon, de mon après-midi à la Soufrière, de notre promenade, des deux quadragénaires cinglés qui sont montés à l’assaut de la montagne malgré l’heure tardive et qui ne sont redescendus qu’une fois la nuit tombée (et glaciale), à la lumière de leurs lampes de poche et qui, avant de remonter dans leur voiture, ont plongé dans le bassin dont l’eau est vaguement tiède.
Promenades en forêts... Mon compagnon m’a alors parlé des excursions qu’il faisait avec ses amis quand il avait quinze ans, vingt ans ou un peu plus. Il se promenait souvent dans les forêts des hauteurs de Vieux-Fort. « Si on se promenait dans ces forêts, à présent, on ne les retrouverait plus comme elles étaient, m’a-t-il dit. Tout a changé dans les montagnes entre Vieux-Fort et Rivière Sens. »
Nouvelle route de Rivière Sens....
Dans quelques années (dix, vingt, trente ans ?), la montagne entre Vieux-Fort et Rivière Sens n’existera probablement plus. La route entre la mer et la montagne sera alors si large que l’on ne craindra plus qu’elle soit détruite périodiquement par les cyclones. Les voitures n’auront plus besoin de slalomer pour ne pas risquer d’écraser les coureurs du matin et du soir car il y aura de la place pour tout le monde. Puisqu'il n'y aura plus de montagne.
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