échec à Copenhague (mais pas encore "mat")
La conférence de Copenhague s’est terminée par un échec vendredi (c’était bien vendredi, n’est-ce-pas ?)
Il y a quelques mois, j’ai vu un téléfilm sur Canal plus, un téléfilm en deux parties dont le sujet était une conférence mondiale sur l’écologie. L’action se situait à l’intérieur même de la salle de conférence. Le héros était un homme politique qui réalisait, au cours de la conférence, ce qui se passait réellement dans le monde, c’est-à-dire ce qu’était réellement l’état de la Planète d’une part, et ce qu’étaient réellement les intentions des dirigeants du monde, d’autre part. L’échec de la conférence était inéluctable. Les grands de ce monde mentaient, faisaient croire au peuple qu’ils étaient écologistes alors que leur seul véritable objectif était que seule une partie de la population (l’élite) s’en tirerait. Le héros découvrait tout cela en même temps que nous, les téléspectateurs.
Mais comme on était dans un film, au dernier moment, la vérité était révélée et la conférence, qui devait logiquement se terminer par un échec, se terminait par une sorte de compromis.
La question qui se posait, tout à la fin du film et qui était révélée au peuple (c’est-à-dire, nous, les gens qui habitent dans le monde) était :
Faut-il choisir entre sauver le monde (et la plupart des gens qui y vivent) ou sauver l’économie (et, pour le temps d’une génération, ne sauver alors que les maîtres du monde) ?
La question réelle était donc finalement posée et le bon choix était fait : on sacrifiait l’économie. Les hommes étaient donc voués à vivre dans une relative misère, mais sans inégalités et le monde était sauvé.
Mais c’était un film.
En vrai, la conférence de Copenhague s’est terminée par un échec : on a choisi de sauver l’économie.
Mais ce ne sont pas seulement les maîtres du monde qui ont fait ce choix.
Samedi, j’ai accompagné mon doudou à Baie-Mahault, le centre économique de la Guadeloupe. Il avait commandé sur internet une nouvelle télé (eh oui ! nous achetons encore des objets de la société de consommation), un écran plasma en fait, pour remplacer son ancien téléviseur (c’est bientôt la Coupe du monde).
Je l’avais accompagné parce que j’avais l’idée de faire des courses sur le chemin du retour car nous n’avions pas pu en faire jeudi (le jeudi est notre jour de courses). Nous sommes donc allés dans le grand centre commercial de Baie-Mahault et, après avoir fait le tour de tous des parkings, avons laissé tomber notre projet : toutes les places étaient prises.
Aucun doute, dans l’esprit de l’ensemble des consommateurs, la décroissance n’a pas commencé. Nous ne sommes pas prêts : tant que nous, acheteurs occidentaux, nous nous ruons sur les objets de consommation fabriqués par les pays d’Asie, tant que nous, nous ne sommes pas décidés à freiner nos achats, pourquoi comptons-nous sur les chefs d’Etats de l’Orient pour réduire leur production ?
N’empêche que c’était une bonne idée, la conférence de Copenhague, même si ça n’a rien fait d’autre que nous montrer que, pour l’instant, on n’est pas prêts.
Personne ne doit blâmer le voisin.
Moi qui me dis très « écolo », très décroissante, je sais bien que je vais la regarder, la nouvelle télé de mon doudou…
(cet article est écrit en écho à celui deDexter dans son site "nimporte quoi")