Retour à la réalité
Beaucoup l'ont demandée, alors la re-voilà, la réalité, cette réalité si chère à M. Angèle, cette réalité si nécessaire pour que tout fonctionne et que recommencent à rouler les camions qui approvisionnent les stations d'essence et les magasins et ceux qui, par dizaines, acheminent du sable ou des roches de Basse-Terre à Baie-Mahault (où se trouve la concasseuse à gravier), pour que recommencent à rouler les voitures jusqu'à bloquer les routes, pour que recommence la vie.
Cette semaine s'annonce en effet comme la grande reprise. Concrètement, pour moi, ça veut dire que je vais me lever à cinq heures pour aller au travail tous les jours (on n'y allait qu'un jour sur deux pendant la grève, à cause de la difficulté pour s'approvisionner en essence) et rentrer à la maison vers dix neuf ou vingt heures après être allée chez mes élèves, avoir fait mes courses du mercredi dans le magasin de discount (pour acheter des piles pas chères , du lait, des corn flakes et des briques de jus d'ananas) et avoir fait mes courses du jeudi dans le supermarché où j'achète mon précieux shampoing, mes cartouches d'imprimante (pour mes travaux d'illustratrice) ainsi que tous les produits « frais »...Et ne vivre vraiment la vie telle qu'elle vaut le plaisir d'être vécue que le week-end !
Mais comment arriver à me consacrer au dessin et à l'écriture de livres si je n'ai que des week-ends pour le faire ? C'est décidé. Je vais demander à travailler à mi-temps. Pas tout de suite, immédiatement, à l'instant même...Non. Bien sûr que non. J'ai un enfant à finir d'élever et je ne gagne déjà pas assez pour payer nos deux loyers, nos voitures, nos assurances...Comment faire ? Il me faut réussir mes projets de dessins et de livres, améliorer ma technique et me mettre à vendre mes oeuvres...Oui. Bien sûr. Il va falloir attendre un peu.
En attendant, dès demain, je remets mes vêtements de bureau et je range mes tubes de peinture et mes crayons. C'était bien, quand même (pour moi...par pour les autres que je plains pour ce qu'ils ont perdu), cette grève qui m'a permis de faire ce que je voulais quand je le voulais...
On s'en souviendra du carnaval cuvée 2009 ! Pas de grande parade de Basse-Terre mais des petits défilés traditionnels dans les communes. À Vieux-Fort, toutes les traditions ont été respectées et Vaval a bien été brûlé comme d'habitude le mercredi des cendres.
Les grands défilés costumés, cette année, ils ont aussi été remplacés par les défilés du mouvement contre la « profitation », accompagnés de groupes musicaux ou simplement de la chanson entonnée par des milliers de manifestants « la Guadeloupe c'est à nous.... » dont l'air ressemblait étrangement à celui d'une chanson traditionnelle du carnaval « papillon volé, c'est volé, nous ka volé »... Un grand carnaval avec son roi, comme disait dans un de ses articles mon ami Jean-Claude. Un roi du carnaval qui, le temps du carnaval demandait à ce que toutes ses volontés et celles du peuple qu'il représentait soient exécutées. Carnaval est fini. Le roi du carnaval, le roi Elie va, comme tout le monde, reprendre sa place, son travail de tous les jours et les rois de la profitation qu'il a dénoncés vont récupérer leur trône.
Il y a eu des perdants, des victimes, d'énormes dégâts, du gâchis....Et pourtant, la vie redeviendra normale.
Allons-nous tous, cependant retenir la leçon la plus intéressante de la grève ? Celle qui nous propose de revenir à des valeurs traditionnelles, d'acheter moins, de cultiver plus de fruits et de légumes dans nos jardins (ainsi que le demandait déjà il y a deux cent cinquante ans le philosophe Voltaire) ? Renoncerons-nous aux pommes golden, aux raisins et aux pêches pour manger des mangues greffées, des ananas- pays et des bananes ?
Moi qui suis une « alter mondialiste » résolument « décroissante », serai-je en mesure de n'acheter que des produits locaux quand j'aurai le choix ? Ce serait encore mieux, bien sûr de cultiver mon jardin mais mes essais ne sont pas très concluants. Je cultive des tomates en pot. J'en ai cueilli une ce matin. Elle est très petite. Ma prochaine récolte semble pouvoir être programmée pour la fin de la semaine prochaine ou le début de la suivante. J'aurai alors deux tomates.
Cette semaine s'annonce en effet comme la grande reprise. Concrètement, pour moi, ça veut dire que je vais me lever à cinq heures pour aller au travail tous les jours (on n'y allait qu'un jour sur deux pendant la grève, à cause de la difficulté pour s'approvisionner en essence) et rentrer à la maison vers dix neuf ou vingt heures après être allée chez mes élèves, avoir fait mes courses du mercredi dans le magasin de discount (pour acheter des piles pas chères , du lait, des corn flakes et des briques de jus d'ananas) et avoir fait mes courses du jeudi dans le supermarché où j'achète mon précieux shampoing, mes cartouches d'imprimante (pour mes travaux d'illustratrice) ainsi que tous les produits « frais »...Et ne vivre vraiment la vie telle qu'elle vaut le plaisir d'être vécue que le week-end !
Mais comment arriver à me consacrer au dessin et à l'écriture de livres si je n'ai que des week-ends pour le faire ? C'est décidé. Je vais demander à travailler à mi-temps. Pas tout de suite, immédiatement, à l'instant même...Non. Bien sûr que non. J'ai un enfant à finir d'élever et je ne gagne déjà pas assez pour payer nos deux loyers, nos voitures, nos assurances...Comment faire ? Il me faut réussir mes projets de dessins et de livres, améliorer ma technique et me mettre à vendre mes oeuvres...Oui. Bien sûr. Il va falloir attendre un peu.
En attendant, dès demain, je remets mes vêtements de bureau et je range mes tubes de peinture et mes crayons. C'était bien, quand même (pour moi...par pour les autres que je plains pour ce qu'ils ont perdu), cette grève qui m'a permis de faire ce que je voulais quand je le voulais...
On s'en souviendra du carnaval cuvée 2009 ! Pas de grande parade de Basse-Terre mais des petits défilés traditionnels dans les communes. À Vieux-Fort, toutes les traditions ont été respectées et Vaval a bien été brûlé comme d'habitude le mercredi des cendres.
Les grands défilés costumés, cette année, ils ont aussi été remplacés par les défilés du mouvement contre la « profitation », accompagnés de groupes musicaux ou simplement de la chanson entonnée par des milliers de manifestants « la Guadeloupe c'est à nous.... » dont l'air ressemblait étrangement à celui d'une chanson traditionnelle du carnaval « papillon volé, c'est volé, nous ka volé »... Un grand carnaval avec son roi, comme disait dans un de ses articles mon ami Jean-Claude. Un roi du carnaval qui, le temps du carnaval demandait à ce que toutes ses volontés et celles du peuple qu'il représentait soient exécutées. Carnaval est fini. Le roi du carnaval, le roi Elie va, comme tout le monde, reprendre sa place, son travail de tous les jours et les rois de la profitation qu'il a dénoncés vont récupérer leur trône.
Il y a eu des perdants, des victimes, d'énormes dégâts, du gâchis....Et pourtant, la vie redeviendra normale.
Allons-nous tous, cependant retenir la leçon la plus intéressante de la grève ? Celle qui nous propose de revenir à des valeurs traditionnelles, d'acheter moins, de cultiver plus de fruits et de légumes dans nos jardins (ainsi que le demandait déjà il y a deux cent cinquante ans le philosophe Voltaire) ? Renoncerons-nous aux pommes golden, aux raisins et aux pêches pour manger des mangues greffées, des ananas- pays et des bananes ?
Moi qui suis une « alter mondialiste » résolument « décroissante », serai-je en mesure de n'acheter que des produits locaux quand j'aurai le choix ? Ce serait encore mieux, bien sûr de cultiver mon jardin mais mes essais ne sont pas très concluants. Je cultive des tomates en pot. J'en ai cueilli une ce matin. Elle est très petite. Ma prochaine récolte semble pouvoir être programmée pour la fin de la semaine prochaine ou le début de la suivante. J'aurai alors deux tomates.
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