un jardinier nommé Délice

Publié le par elizabeth971

Aujourd'hui, les Antilles sont en deuil.
Pendant que je regardais tranquillement Canal plus, hier soir, nos petits frères pauvres d'Haiti subissaient le plus fort tremblement de terre qu'ont connu les Antilles depuis deux cents ans.
Ici, rien. Pas la moindre secousse.

J'ai vu, ce matin, sur internet, que la population de Port-au-Prince atteint presque 4 millions d'habitants. Me suis-je trompée dans le nombre des zéros ? Est-ce bien 4 millions ? Ne serait-ce pas plutôt 400 000 ?
Quatre millions d'habitants dans une ville effondrée...On n'ose imaginer....

En Guadeloupe, on n'aime pas beaucoup les haitiens. Ils viennent chez nous avec leur vaudou, leur habitude de déraciner les arbres. On se méfie d'eux. On les méprise souvent.
Cependant, dans les cas de grandes catastrophes (et il y en a tout le temps en Haïti), les Guadeloupéens se montrent solidaires de leur peuple frère pauvre. Des collectes sont organisées, des pompiers s'en vont sur place.
Et...On aime leur musique. Une musique puissante, rythmée.

Et puis Haïti était une île française jusqu'en 1804. C'est un peu, pour les guadeloupéens, un contre modèle : depuis qu'ils sont indépendants, les Haïtiens, ils n'ont que des malheurs. Ils vivent dans la misère et ils viennent dans de frêles embarcations s'échouer sur nos côtes, passagers clandestins qui rêvent de partager nos richesses.

J'avais un voisin haïtien il y a quelques années (quand je dis "voisin", ils habitait en fait à quelques kilomètres de chez moi mais je le prenais souvent en stop). C'était un très beau garçon de trente deux ou trente trois ans. Il s'appelait Heavenson Délice. Son père était un grand maître vaudou qui avait épousé une femme à la peau claire et cette femme avait décidé que ses beaux-fils devaient quitter la maison. Les garçons étaient alors venus en Guadeloupe, en clandestins. Heavenson vivait seul dans une cabane sans électricité. Il faisait pousser quelques légumes qu'il allait vendre sur le marché. Il était jardinier journalier chez les uns et les autres.

Il m'a demandé une fois ou deux de porter sa bouteille de gaz. Quand on réalise que certaines personnes portent leur bouteille de gaz à pied sur plusieurs kilomètres, on commence à comprendre ce qu'est la misère.

Il vit à Paris maintenant selon mes dernières informations. Il rêvait de faire des études de droit.
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D
<br /> Moi ça me rend<br /> <br /> Pourquoi le malheur se rajoute-t-il toujours à la misère?<br /> Fait vraiment ch... ce monde pourri.....<br /> Comme le dit Manu Chao:on vit dans un monde pourri,c'est la vie,c'est la vie...c'est la valse à salse temps....<br /> Tchao.....<br /> <br /> <br />
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M
<br /> non non tu ne te trompes pas c'est 4 millions... cette ville est surpeuplé. C'est pour ça que ça ne va pas etre joli joli quand ils vont annoncer les chiffres...<br /> <br /> <br />
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